‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 317 sur 539 · De CiiUate Dei^ lib. XIX, cap. iv-viil , x-Xii · texte numérisé non relu

De CiiUate Dei^ lib. XIX, cap. iv-viil , x-Xii

à dérsirer avec plus d'ardeur le lieu où Ton jouit d'une paix et d'une félicité parfaites '. »

Augustin d'ailleurs ne s'étonne pas des erreurs où sont tombés les philosophes touchant la vie heureuse. Car « on ne rencontre point chez eux la vraie piété, c'est-à-dire le culte sincère du vrai Dieu, d'où il faut tirer tous les moyens de bien vivre. Us se sont trompés, en un mot, parce qu'ils ont voulu en quelque manière se faire à eux-mêmes une vie heureuse, et qu'ils ont pensé devoir la produire plutôt que l'obtenir, tandis qu'il n'y a que Dieu qui puisse la donner^. )i

D'autre part, l'incertitude ou l'erreur des philosophes n'est que l'expression de l'incertitude et de l'erreur même de la plupart des hommes.

En effet, a tandis que la plupart des hommes ont la même volonté d'arriver au laonheur et d'en jouir, on se demande avec étonnementd'où viennent néanmoins touchant le bonheur, la variété et la diversité des volontés; non qu'il y ait personne qui ne veuille pas du bonheur, mais parce que tous ne le connaissent pas. Si tous le connaissaient, ceux-ci ne le placeraient pas dans la vertu de l'âme, ceux-là dans la volupté du corps; d'autres dans l'âme et dans le corps tout ensemble, d'autres enfin ailleurs. Car, suivant qu'un homme trouve dans tel ou tel objet sa délectation, c'est dans la possession de cet objet qu'il fait consister son bonheur. Comment donc tous les hommes aiment-ilsardemment ce qu'ils ne connaisseDtpastous? Et qui peutaimercequ'il ignore?..

1. De CivUaie Dei, lib. X1X> cap. x. Cf. De Trinitate , lib.^lll, cap. iv-vi.

Page 1