‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 318 sur 539 · Epiilola CLV, Maecdonio (414), cap. i-iîi · texte numérisé non relu

Epiilola CLV, Maecdonio (414), cap. i-iîi

Oui, pourquoi le bonheur est-il aimé par tous, et pourtant n'est-il pas connu de tous? Serait-ce que tous savent ce qu'est le bonheur, mais ne savent pas où il est? Est-ce là que gU le dissentiment? Comme s'il était question d'assigner quelque lieu du monde, où devrait vouloir vivre quiconque veut vivre heureux, et que ce ne fût pas une n^ême chose que de chercher où est le bonheur et ce qu'est le bonheur! Évidemment, si le bonheur consiste dans la volupté du corps, celui-là est heureux qui jouit de la volupté du corps; si dans la vertu de l'âme, celui-là est heureux qui est vertueux; si dans l'une et l'autre, celui-là est heureux qui jouit de l'une et de l'autre. C'est pourquoi, lorsque l'un dit : bien vivre, c'est jouir de la volupté du corps; et l'autre : bien vivre, c'est jouir de la vertu de l'âme, n'est-ce pas que tous les deux ignorent ce qu'est la vie heureuse, ou que tous les deux ne le savent pas? Comment donc tous les deux aiment-ils le bonheur, si personne ne peut aimer ce qu'il ignore? Ou tiendrons-nous pour faux ce que nous avons posé comme très-vrai et indubitable, à savoir que tous les hommes veulent vivre heureux *? »

Qui résoudra ces difficultés?

Varron considère « que le souverain bien que cherche la philosophie n'est pas le bien de la plante, ni de la béte, ni de Dieu, mais de l'homme; d'où il conclut qu'il faut savoir d'abord ce que c'est quel'homme.Ce qui l'amène à affirmer que le souverain bien de l'homme consiste dans la réunion des biens de l'âme et de ceux du corps^.»

Si cette affirmation reste vague et obscure, la méthode

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