‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 319 sur 539 · II · texte numérisé non relu

II

indiquée par Yarroo o'en est pas moins excellente. Ces la méthode même qu'emploie Augustin pour déterminer la nature du souverain bien.

a U y a une vie de Thomme qui est enveloppée dans les sens et la chair, tout entière adonnée aux joies charnelles, qui fuit les blessures charnelles, qui recherche la volupté. La félicité de cette vie est temporelle; on commence nécessairement par cette vie, mais c'est volontairement qu'on y persiste. C'est dans cette vie qu'est jeté l'enfant au sortir du sein de sa mère ; ce sont les maux de cette vie qu'il fuit de tout son pouvoir; ce sont les voluptés qu'il en recherche ; au delà, pour lui, il n y a plus rien. Mais après qu'il sera arrivé à Tâge où s'éveille la raison, il pourra, aidé par la volonté divine, choisir une autre vie, dont la joie est dans l'esprit, dont la félicité est intérieure et éternelle. L'homme, en effet, a une àme raisonnable ; mais il lui est de la dernière importance d'en faire usage pour tourner sa volonté soit vers les biens de la nature extérieure et inférieure, soit vers les biens de la nature intérieure et supérieure; c'est-à-dire soit pour jouir du corps et du temps , soit pour jouir de la divinité et de l'éternité. Car il est placé dans une sorte d'état mitoyen, ayant au-dessous de soi la créature corporelle, au-dessus le Créateur.

tt L'âme raisonnable peut donc bien user même de la félicité temporelle et corporelle, si elle ne se livre point à la créature, au mépris du Créateur; mais si plutôt elle rapporte cette félicité au Créateur, de la bonté de qui elle la tient. De même, en effet, que toutes les créatures de Dieu sont bonnes, depuis la créature raisonnable

elle-même jusqu'au corps le plus abject; de même Tàme raisonnable se comporte bien à Tégard des créa* tures, si elle garde Tordre convenable, si elle distingue, choisit, examine, subordonnant les moindres biens aux plus grands, les corporels aux spirituels, les inférieurs aux supérieurs, les temporels aux éternels. Autrement, néglige- t-elle les biens supérieurs et se porte-t-elle "vers les biens inférieurs , tombant alors au-dessous d'ellemême, elle réduit à une pire condition et elle-même et son corps *. »

Qu'on y réfléchisse !

tt Qu'est-ce que vivre heureux, si ce n'est vivre conformément à ce qu'il y a de meilleur dans l'homme? Et qui peut douter qu'il n'y ait rien de meilleur dans l'homme que cette partie de Tâme, dont il convient que tout ce qu'il y a d'ailleurs dans l'homme accepte la domination? Mais, cela même, c'est l'esprit ou la raison.

a Conséquemment, quiconque, autant que l'homme le peut et le doit, s'applique à trouver la vérité, alors même qu'il ne la trouve pas , est heureux ; car il fiait cela même pour quoi il est né ^. Par cela même qu'il la cherche , il est sage ; et parce qu'il est sage , il est heureux', La sagesse, en effet, n'est autre chose que la juste mesure de l'âme, et comme l'équilibre où elle se tient, de telle façon qu'elle ne tombe pas dans l'excès, et ne souffre pas non plus de la pénurie *. »

En d'autre termes, <c celui-là est heureux qui veut le

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