‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 32 sur 539 · De Civitaie Dei, \\b, VIII, cap. v-vii; el llb. X · texte numérisé non relu

De Civitaie Dei, \\b, VIII, cap. v-vii; el llb. X

un tel détail, les note avec une telle précision, que ce serait manifestement se méprendre sur le fond de sa pensée, que de se persuader d'après la lettre de quelques phrases isolées ' , qu'il ne demanderait à ces philosophes, pour devenir chrétiens, que de changer un petit nombre de maximes ou de formules. Loin de là! Il ne leur faudrait rien moins, au sentiment d'Augustin, que changer complètement de vie, en même temps que changer complètement de doctrine. C'est ce qu'il af&rme de la manière la plus nette, je ne dis pas seulement dans les Rétractations^^ où il se reproche les éloges excessifs qu'il a donnés aux Platoniciens, mais dans les pages mêmes où il se complaît à montrer comment ces philosophes pourraient franchir la distance qui les sépare du Christianisme'.

Sans doute, d'après lui, le plus grand obstacle c'est leur orgueil. Mais aussi que de corrections à introduire dans leurs enseignements !

Qu'on en juge par l'énumération des erreurs qu'il leur attribue.

Premièrement, les Platoniciens ont eu des écoles divisées entre elles et des temples communs^.

I • De Vera Beligione, lib. 1, cap. iv. tSihanc vitamilli viri nobiscum runum agere potuissent, vidèrent profecio cujus auctoritate facilius consuleretur hominibuSt et paucis mutatis verbis atque sententm christiani fièrent, sicut plerique recentiorum nostrorumque temporum Ptatonici fecerunt. » Cf. Epist, CXVIIl, Dioscoro, 410, cap. m.

2. Rêtract, lib. 1, cap. i. n Laus quoque ipsa, qua Pïatonem vel Platonicos teu Academicos philosophas tanium ejctuli, quantum impios homi" nés non oportuit, non immerito mihi dispîicuit : prxser tint quorum contra errores magnos defendenda est christiana doctrina, »

3. De Vera Religione^ cap. iv. Epist. CXVllI, DioscorOf cap. m.

4. Contra Faustum Manichxum, lib. XII» cap. XL; Deconsensu Evangelistarum^ lib. I, cap. viii.

Secondement, ils ont pensé qu'il fallait sacrifier à plusieurs Dieux.

Troisièmement, ils ont professé qu'aucun Dieu ne peut se mêler à Thomme.

Quatrièmement, ils ont cru à l'éternité de l'âme *.

Cinquièmement, ils ont enseigné que le passé devait de toutes pièces se reproduire dans Tindéânie révolution des siècles.

Sixièmement, ils ont soutenu qu'avant d'être envoyées dans les corps qu'elles traînent maintenant après elles, les âmes avaient vécu ailleurs libres de tout corps.

Septièmement, ils ont admis la métempsycose.

Huitièmement, il leur a paru que pour obtenir un parfait bonheur, l'âme devait fuir tout contact corporel.

Neuvièmement, il leur a semblé que l'âme ne serait point unie au corps, si cette union n'était la peine d'une faute antérieure.

Dixièmement, c'est à la chair comme à leur cause qu'ils rapportent absolument tous les vices de l'âme.

Onzièmement, ils estiment que c'est par des Dieux inférieurs, c'est-à-dire par les anges, qu'ont été créés tous les animaux mortels.

Entre les doctrines platoniciennes et le Christianisme, il y a donc, suivant Augustin, bien des différences. Or, à ces obscures théories, à ces contradictions multipliées de la philosophie platonicienne, comment ne point préférer les vivifiantes clartés de la

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