Enarratio in Psalmum XXVI ; Enarr» H
Et Dous, alors que dans nos âmes coule sans aucun bruit, pour ainsi parler, Tharraonieux et éloquent silence de la vérité, nous cherchons une autre vie heureuse, au lieu de jouir d'un bonheur si certain et présent! L'éclat de Tor et de l'argent, l'éclat des perles et des couleurs, l'éclat de la lumière qui frappe leurs yeux charme les hommes, soit qu'ils la contemplent dans les feux de la terre, soit qu'ils l'admirent dans les étoiles, dans la lune ou dans le soleil; toutes ces splendeurs les ravissent, si bien qu'ils s'estiment heureux, pourvu qu'aucune importunité, qu'aucune nécessité ne les sollicite, et qu'à cause de cela seul ils voudraient toujours vivre. Et nous, nous hésitons à placer la vie heureuse dans la lumière de la vérité * !
« Telle est la beauté de cette vérité, qu'elle ne réclame pour être aperçue qu'une volonté persévérante. Ni la multitude de ceux qui la contemplent ne la dérobe à ceux qui surviennent; ni elle ne passe avec le temps, ni elle ne change avec les lieux, ni elle n'est interceptée par la nuit, ni elle n'est obscurcie par l'ombre, ni elle n'est soumise aux sens du corps. De quelque partie du monde que se tournent vers elle ceux qui la chérissent, ils se trouvent près d'elle et elle ne leur manque jamais; elle n'est en aucun lieu et elle est partout ; au dehors elle nous avertit, au dedans elle nous enseigne ; elle rend meilleurs ceux qui la voient, et nul ne peut la rendre moins bonne; personne ne la juge, et sans elle personne ne peut bien juger ^. »