‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 329 sur 539 · Confessionum lib. X, cap. xxxi · texte numérisé non relu

Confessionum lib. X, cap. xxxi

rat *, les plaisirs de l'ouïe^, les plaisirs de la vue^.

A la concupiscence de la chair s'ajoute, en second lieu, la concupiscence, qui se nomme, dans le style divin, la concupiscence des yeux.

Effectivement, ail se glisse encore dans Tàme, par les organes des sens, je ne sais quel vain et curieux désir, non de se réjouir dans la chair^ mais de connaître par le moyen de la chair, désir pallié sous le beau nom de science et de connaissance ^. » Cette concupiscence, dont les yeux sont le principal instrument, s'appelle la curiosité.

Saint Augustin a marqué d'ailleurs en traits impérissables quelle est sur la concupiscence de la chair et la concupiscence des yeux Tinfluence accablante de Fhabitude. Ne parlons point, si Ton veut, du morceau célèbre, où il nous représente Alype succombant, malgré lui, aux sanguinaires entratnements du cirque ^. Avec quel tragique accent l'évéque d'Hippone n'a-t-il pas rappelé les luttes qu'il eut lui-même à soutenir pour vaincre peu à peu la tyrannie de ses passions !

(c J'étais retenu par les frivoles plaisirs et les folles vanités mes anciennes amies, qui secouaient en quelque sorte les vêtements de ma chair et murmuraient : a Nous abandonnes-tu? Et, à partir de ce moment, ne seronsnous plus avec toi de toute l'éternité? Encore un instant, et tu ne pourras plus faire ceci ou cela, et pour

1, Confessionum Hb. X, cap. ixxii.

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