‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 330 sur 539 · Ibid,, lib. VI 9 cap. viii · texte numérisé non relu

Ibid,, lib. VI 9 cap. viii

Télernité ! » Et que me suggéraient-elles, ô mon Dieu, en me disant : ceci ou cela? Que votre miséricorde éloigne cette pensée de l'âme de votre serviteur! Quelles turpitudes! quelles ignominies! Et déjà je n'entendais plus leur voix qu'à demi : elles n'osaient plus venir en face me combattre ouvertement, mais elles grondaient par derrière, me mordant furtivement, à mesure que je m'éloignais, pour me forcer à me retourner. Elles me retardaient cependant : j'hésitais à m'arracher à elles, à secouer leur joug, pour aller où j'étais appelé, et une impérieuse habitude me disait encore : a Penses -tu pouvoir vivre sans elles * î »

Enfin Augustin signale une troisième espèce de concupiscence, qu'il désigne sous la dénomination d'orgueil de la vie. Celte concupiscence comprend l'amour delà louange, lamour de la gloire, l'amour du pouvoir, Tamour de soi-même ^.

Toutefois, quelque saisissant que puisse être le tableau que trace Augustin des passions tournées par une volonté mauvaise en concupiscence, sa doctrine serait fort incomplète, s'il n'avait cherché à rendre raison des faits qu'il a si merveilleusement décrits.

11 remarque donc tout d'abord avec profondeur que la concupiscence, qui consiste essentiellement à s'éloigner de Dieu, n'a de prises sur l'ûme, que parce qu'il se trouve dans les vices mêmes une image obscure, ou plutôt une ombre des biens solides, laquelle trompe les hommes par une fausse apparence de beauté.

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