‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 332 sur 539 · II · texte numérisé non relu

II

« Que désire Thomme dans les faiblesses de sa vie charnelle, si ce n'est qu'il lui fût possible d'être seul et d'avoir toutes choses sous sa dépendance, cédant en cela à une imitation impie de Dieu tout-puissant?

Que poursuit l'orgueil, sinon le pouvoir, qui assure la facilité d'agir, et que l'âme ne trouve que dans sa soumission à Dieu et dans l'élan de son amour pour amener le règne de Dieu?

Que poursuit la volupté du corps, si ce n'est le repos, qui n'est pas, sinon là où il n'y a nul manque et nulle corruption *. »

Et encore :

tt Qu'est-ce que l'orgueil, sinon le désir d'une fausse grandeur? Grandeur bien fausse effectivement, que d'abandonner celui à qui l'âme doit être attachée comme à son principe, pour devenir en quelque sorte son principe à soi-même ! C'est ce qui arrive à quiconque se plaît dans sa propre beauté, eu quittant cette beauté souveraine et immuable qui devait faire l'unique objet de ses complaisances. Ce mouvement de l'âme qui se détache de son Dieu est volontaire, puisque si la volonté des premiers hommes fût demeurée stable dans l'amour de ce souverain bien qui l'éclairait de ^a lumière et réchauffait de son ardeur, elle ne s'en serait pas détournée pour se plaire en elle-même, c'est-à-dire pour tomber dans la froideur et dans les ténèbres ^. » Mais l'homme en tombant d'en haut et en déchéant de Dieu , tombe d'abord sur lui-même , et de là , per-

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