Voy. ci-après, \\\. Des Deux Cités
4. De Diversis Quxstionibus LXXXUI , qusBst. XXI. Cf. De Libero Ârbitrio, lib. 1, cap. xiii.
Quoiqu'il soit inexact depréteodre que tous les manquements à la vertu sont égaux €t qu'il n'y a aucun degré dans la faute, on peut affirmer néanmoins que ces quatre parties de la vertu se tiennent étroitement. Qui en possède une les possède toutes, et celui-là n'en possède aucune à qui une seule manque '.
Mais saint Augustin est pressé de sortir de cette terminologie. C'est pourquoi, tout en conservant la division vulgaire de la morale antique, il transforme, en relevant, le sens des termes qu'elle emploie, et si l'on peut ainsi parler, le christianise.
Dans sa pensée et dans son langage, qu'est-ce donc que la \ertu, qui nous conduit à la vie heureuse? « La vertu n'est absolument autre chose que le suprême amour de Dieu. Dès lors, comment définir la tempérance ? L'amour qui se conserve intact et incorruptible pour Dieu. Comment définir la force ou le courage? L'amour qui supporte aisément toutes choses à cause de Dieu. Comment définir la justice ? L'amour qui sert Dieu uniquement, et qui par cela même exerce un légitime empire sur les autres créatures qui sont soumises à l'homme. Comment définir la prudence enfin ? L'amour qui discerne exactement ce qui doit l'aider pour s'élever à Dieu, de ce qui peut lui être un empêchement ^. »
Effectivement, « quelque heureux empire que l'âme semble avoir sur le corps, et la raison sur les passions, si l'Ame et la raison ne sont elles-mêmes soumises à
1 . Epistola CLXVII , Hieronymo (4 1 &| , cap. ii. 9. De Mnribus Ecclesix Catholicse, lib. I , cap. XV.
Dieu, et ne lui rendent le culte commandé par lui, cet empire n*est pas dans la vérité '. »
Tel est le véritable amour, et le véritable amour est la volonté droite. Car, « le fruit des œuvres est dans la bonne volonté ^. » Il est, d'ailleurs, d'une importance capitale que cette volonté se relève, non d'elle-même, mais de Dieu. Car, « lorsque notre force s'appuie sur Dieu, elle est vraiment force ; lorsqu'elle s'appuie sur elle-même, elle est faiblesse '. » La vraie vertu se fonde en Dieu, et la vertu fondée en Dieu est humilité.
Que l'on compare, maintenant, dans les déploiements de la vie, les fruits de la concupiscence, fille de l'orgueil, et ceux de la vertu, fille de l'humilité !
<c L'orgueil est un mouvement de l'âme qui décline la sujétion à Dieu , et devient comme une imitation perverse de Dieu *. L'âme orgueilleuse veut avoir sous sa domination d'autres âmes ; non pas des âmes de bêtes, lesquelles lui sont soumises de droit divin, mais des âmes raisonnables, c'est-à-dire des âmes ses sœurs, participant au même sort, dépendant de la même loi... Par l'orgueil, l'âme s'éloigne donc du vrai.
Or, comme par elle-même l'âme n'est rien , car autrement elle ne serait pas muable et ne souffrirait aucune déchéance de Têtre; comme par elle-même elle n'est rien, et que tout ce qu'elle a d'être, elle le tient de Dieu; lorsqu'elle reste dans l'ordre qui est le sien, elle est vivifiée par la présence de Dieu dans son esprit et dans