De Civitatf Dei , lib. Xlll , cap. viii
pécheur frappé de la seconde mort à la vie éternelle Kn
Au contraire, la vertu, c'est le bonheur, et le vrai bonheur.
« Peut-être y a-t-il quelque subtilité à soutenir que tout ce qui est honnête est utile, et que tout ce qui est utile est honnête. Car par honnête on entend proprement, et dans Thabitude du discours, ce qui doit être recherché pour soi-même, et par utile ce qui se rapporte à quelque autre objet. Mais, à tout le moins, faut-il s'assurer que Thonnéte et Tutile ne sont aucunement opposés Tun à Tautre. Il y a même ignorance et bas* sesse d'âme à les mettre en contradiction ^. »
a La vie de Thomme est heureuse, lorsque tous les mouvements de son âme sont en parfait accord avec la raison et la vérité. Alors en lui les joies sont dites pures, les amours saintes et bonnes '. » Et cette vie n'est que l'aurore de l'éternelle vie.
<c II ne s'agit donc pas pour nous de ne rien aimer, mais de ne point aimer le monde, afin d'aimer librement celui qui a fait le monde. Engagée en effet dans l'amour terrestre, l'âme a, pour ainsi parler, de la glu aux ailes; elle ne peut voler. Mais, purifiée des sordides affections du siècle, elle prend son vol, et, délivrée de toute entrave, s'élève au sein de Dieu, comme portée sur deux ailes, c'est-à-dire sur les deux préceptes de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain. Où l'âme s'élèverait-elle en volant, si ce n'est en Dieu, puisque
1. De Civitate Dei, lib. XXI, cap. xi. Voy. ci-des8U8, liv. 1 , ch. ii, MU Delà Fin de l'Ame,