De Libero Arbitrio, lib. I, cap. xvi
C*est par notre témérité que le mal a été introduit dans le monde'.
L'homme devait vivre selon la volonté et dans l'amour de Dieu ; il a voulu vivre selon sa propre volonté et dans Tamour de lui-même.
Oui ne voit en effet , à considérer les hommes, qu'il y a chez eux deux amours? a L'un est saint , l'autre immonde; l'un fraternel, l'autre égoïste; l'un travaille à l'utilité commune en vue d'une société supérieure, l'autre, sous l'empire d'un désir de domination, fait servir la chose commune à un intérêt privé; l'un est soumis à Dieu, l'autre rivalise avec Dieu même; l'un est tranquille, l'autre turbulent ^. »
« Deux amours ont donc bâti deux Cités : l'amour de soi-même jusqu'au mépris de Dieu, celle de la terre ; et l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi-même, celle du ciel '. Car il n'y a pas quatre Cités, quatre sociétés, deux pour les anges et autant pour les hommes, mais deux Cités en tout, l'une pour les bons, Tautre pour les méchants, anges ou hommes, peu importe *. D'un côté, la Cité des bons ; de l'autre, la Cité de
1. Voy. ci-des8U8, liv. 1, chap. v, I. De la Liberté humahie ei du Mal.