De Civiinie Dei, Hb. XV, cap* i
48 CHAPITHE VI.
des renards, des vautours, des hiboux. Un tigre devient doux pour ses petits et les caresse. Un milan, quelque solitaire et carnassier qu'il soit, cherche une femelle, fait son nid, couve ses œufs, nourrit ses petits, et se tient en paix, autant qu'il peut, avec sa compagne comme avec une sorte de mère de famille. Combien plus encore Thomme n'est-il pas porté par les lois de sa nature à entrer en société avec les autres hommes et à vivre autant que possible en paix avec eux ' ! »
C'est pourquoi a après la cité, l'univers est comme le troisième degré de la société civile ; car le premier, c'est la maison ^. Puis donc que chacun de nous est une partie du genre humain ; puisque l'homme est fait pour vivre en société, puisqu'il a en lui-même une faculté naturelle et puissante, la faculté d'aimer; ce n'est pas hors de propos que Dieu a voulu tirer toute la race d'un seul homme, afin d'unir les hommes, non-seulement par la ressemblance commune de toute l'espèce, mais encore par un lien d'universelle parenté. La première société naturelle dans la race humaine est ainsi l'union de l'homme et de la femme ^.
Augustin, par conséquent, n'a garde de condamner le mariage. Sans doute il exalte la virginité, comme le terme suprême de la perfection ^. Sans doute aussi, il réprouve la concupiscence, laquelle ne cesse de lutter contre l'esprit. Mais, il n'en tient pas moins « que le