‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 348 sur 539 · Epiitola CLV, Macedonio (414), cap. iv · texte numérisé non relu

Epiitola CLV, Macedonio (414), cap. iv

DES DEUX CITÉS. 5l

regarder un autre homme comme son prochain, avant même qu'il soit chrétien-, car comment savoir ce qu'il est auprès de Dieu et dans la prescience de Dieu?... Ignorants que nous sommes de ce qui sera, tenons chacun pour notre prochain, non-seulement à cause de la condition de la mortalité humaine à laquelle, en venant sur cette terre, nous avons tous été assujettis, mais à cause de l'espérance de l'héritage commun qui nous est réservé*. »

De cette société naturelle qui lie les hommes entre eux , naît pour les hommes la nécessité de s'entr'aider.

En conséquence, Augustin condamne l'avarice. « Par avarice en général, il faut entendre, suivant lui, le désir qui porte l'homme à obtenir plus que le nécessaire, en considération de son excellence et d'une espèce d'amour- propre ou d'amour privé : dénomination, continue subtilement Augustin, qui en latin est pleine de sens, parce qu'elle suppose plutôt un déchet qu'un accroissement. Toute privation , en effet, est diminution^. »

Prenant d'ailleurs le mot d'avarice dans le sens particulier d'amour des richesses, Augustin en fait des peintures qui tendent à rendre l'avarice détestable. <( L'avarice, écrit-il, est insatiable... En voulant être riche, l'avare désire, il s'agite, il a soif, et comme l'hydropique, plus il boit, plus il a soif. »

Aussi bien, que le riche le sache : « De ses richesses,

1. Enarratio in Psalmum XXV ; Enarr. Il, 2. « Proximum tmtm putare debes omnem hominem , et antequam sit christianus, »

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