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rien ne lui appartient que cela même que le pauvre réclame de lui, à savoir le vivre et le couvert *. »
Ce n'est pas que par une exagération pieuse Augustin en vienne à nier la propriété. « Donnez aux pauvres, s'écriera-t-il -, donnez, je vous le demande, je vous en conjure, je vous l'enjoins, je vous l'ordonne. » Mais aussitôt il ajoute : « donnez aux pauvres ce que vous voulez ^. »
Il n'admet pas non plus que l'on prenne, en toute circonstance, àla rigueur,.Ies maximes de dépouillement répandues dans l'Évangile. Sans doute, le chrétien ne doit jamais préférer au Christ les richesses ^. Sans doute aussi, c'est la perfection même que le renoncement total aux biens de ce monde. Néanmoins, pourquoi nier que les riches, sans atteindre à ces sublimes hauteurs, obtiennent pourtant la vie, s*ils observent la loi, s'ils donnent afin qu'il leur soit donné, et remettent afin qu'il leur soit remis {LuCy vi, 37, 38)?
Que si Ton demande à Augustin sur quel fondement repose le droit de propriété, il commencera par répondre que, devant le droit divin , tout est à tous et que rien n'est à personne, Dieu ayant fait d'un même limon les pauvres et les riches, et une même terre supportant les pauvres et les riches *. Mais, d'une part, identifiant ensuite le droit divin et l'Évangile S il professe qu'en vertu de ce droit, tout est aux justes. D'autre part, il