‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 351 sur 539 · De Civi/atc Dei, lib. MX, cap. xvi · texte numérisé non relu

De Civi/atc Dei, lib. MX, cap. xvi

mes ne subsiste que « iorsquils aiment le bien commun, c'est-à-dire Dieu, qui est le bien véritable et souverain, et lorsqu'ils s'aiment les uns les autres en celui, et pour Tamour de celui qui voit, sans que nous puissions Ten empêcher, quel est le principe et le motif de Tamour dont nous nous aimons réciproquement \ »

Dans la famille et la société humaine ainsi comprises, quelle place Augustin assignera-t-il à l'esclavage, ou même recoonaîtra-t-il à l'esclavage-une place?

Vers 354, le concile de Gangres avait menacé d'excommunication ceux qui exhorteraient les esclaves à quitter leurs maîtres. Un illustre historien a même af&rmé que le goût de l'indépendance individuelle, inconnu au monde ancien et à l'Eglise chrétienne , ne devait se répandre dans l'Occident que par les Germains '^.

Il reste, en tout cas, hors de doule que de son temps et dans le milieu où il vivait, Augustin ne pouvait guère professer l'abolition de l'esclavage. Aussi, est-ce surtout la hberté intérieure qu'il prêche. Cependant il déclare l'esclavage contraire à la nature primitive de l'homme. A ses yeux, l'esclavage est le fruit des passions ou de la guerre, et ainsi une expiation ou un châtiment. Suite du péché originel, l'esclavage convient avec la seconde nature de l'homme. Les esclaves doivent donc se résigner et obéir a leurs maîtres, en vertu de la même subordination qui soumet le fils au père, la femme au mari, les sujets aux gouvernants. Pratiqué de la sorte,

Page 1