Cf. De CivitQie Dei, lib. XIX, cap. xxiii
2. M. Guizot, Histoire de la Civiliiaiion en Europe ^ 11* leçon.
Tesclavage même leur est utile, car ce n'est pas le tra^ vail qui dégrade TesclaTe, c'est le péché ".
Augustin considère du reste les esclaves comme des membres de la famille. En conséquence, il ordonne de les traiter avec douceur; il applaudit à leur émancipation ^, ou en fait des recrues pour les monastères '. Il y a plus, et c'est ici le bel endroit de sa doctrine sur l'esclavage, il proclame que les esclaves ayant la même origine que les hommes libres, le même Dieu, le même avenir, sont des personnes et non point des choses.
« Après avoir créé l'homme raisonnable et l'avoir fait à son image, Dieu n'a pas voulu qu'il dominât sur les hommes, mais sur les bêtes. C'est pourquoi, les premiers justes ont été plutôt bergers que rois, Dieu voulant nous apprendre par là l'ordre de la nature, qui a été renversé par le désordre du péché ; car c'est avec justice que le joug de la servitude a été imposé au pécheur : Conditio quippe servitutis jure mtelligitvr imposita peccatori. Aussi, ne voyons-nous pas que l'Écriture sainte parle d'esclaves avant que le patriarche Noé n'eût flétri de ce titre honteux le péché de son fils. Le péché seul a donc mérité ce nom, et non pas la nature. Si l'on en juge par l'étymologie latine, les esclaves étaient des prisonniers de guerre, à qui les vainqueurs conservaient la vie, alors qu'ils pouvaient les tuer par le droit de la guerre ; or, cela même montre que l'esclavage est une peine du péché. Car on ne saurait faire une guerre juste que les ennemis n'en fassent une injuste; et toute