Sermo CCCLVI
victoire, même celle que remportent les méchants, est un cffetdes justes jugements de Dieu, qui humilie par là les vaincus, soit qu'il veuille les amender, soit qu'il veuille les punir.
La première cause de la servitude est donc le péché, qui assujettit un homme à un homme ; ce qui n'arrive que par le jugement de Dieu, qui n'est point capable d'injustice, et qui sait imposer des peines différentes, selon la différence des coupables.
Et certes, il vaut mieux être esclave d'un homme que d*une passion; car est-il une passion, par exemple, qui exerce une tyrannie plus cruelle sur le cœur des hommes que la passion de dominer? Aussi bien, dans cet ordre de choses qui soumet quelques hommes à d'autres hommes, l'humilité n'est pas moins avantageuse à l'esclave que l'orgueil est funeste au maître. Mais dans Tordre naturel où Dieu a créé l'homme, nul n'est esclave de l'homme ni du péché; l'esclavage est donc une peine, et elle a été imposée par cette loi qui commande de conserver l'ordre naturel et qui défend de le troubler, puisque, si l'on n'avait rien fait contre cette loi, l'esclavagen'auraitrienàpunir. C'est pourquoi, l'Apôtreavertit (Eph. VI, 5) les esclaves d'être soumis à leurs maîtres, et de les servir de bon cœur et de bonne volonté, aGn que, s'ils ne peuvent être affranchis de la servitude, ils sachent y trouver la Uberté, en ne servant point par crainte, mais par amour, jusqu'à ce que l'iniquité passe et que toute domination humaine soit anéantie, au jour où Dieu sera lout en tous ^ »