‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 354 sur 539 · De CivitateDei, lib. XIX, cap. xv · texte numérisé non relu

De CivitateDei, lib. XIX, cap. xv

A ia question de Tesclavage se lie étroitement^ dans la pensée d'Augustin la question de la guerre.

« Le véritable but de la guerre, c'est la paix, rhomme qui fait la guerre cherchant la paix, et nul ne faisant la paix pour avoir la guerre *. »

Si donc il y a, en même temps que des guerres in* justes, des guerres justes, à tout le moins, le véritable objet de la guerre est-il la paix. « La nature même crie en quelque sorte à Thomme qu'il vaut mieux subir le joug du vainqueur que de s'exposer aux dernières fu* reurs de la guerre *. »

Ainsi, ce serait se tromper que d'estimer sage et heureux un État qui ne s'accroîtrait que par la guerre *. Un peuple vertneux ne doit pas même souhaiter de s'agrandir *. Sans la justice, les empires He sont que de grandes réunions de brigands ^ Et la justice est impossible là où ne règne pas la charité ^.

La justice qui assure la prospérité des peuples est effectivement le fondement des États. « Là où il n'y a point de vraie justice, il ne peut y avoir de société fondée sur des droits reconnus et sur la communauté des intérêts, et par conséquent il ne peut y avoir de peuple. S'il n'y a point de peuple, il n'y a point aussi de chose du peuple; il ne reste, au lieu d'un peuple, qu'une multitude telle quelle, qui ne mérite pas ce

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