C. De Sermone Domini in monte, lib
nom. «Puis donc que la république est la chose du peuple, et qu'il n'y a point de peuple, s'il n'est associé pour se gouverner par le droit; comme d'ailleurs il n'y a point de droit où il n'y a point de justice, il s'ensuit nécessairement que là où il n'y a point de justice, il n*y a point de république ^ » Quel spectacle, en effet, que celui d'un État corrompu !
« Les adorateurs des Dieux et qui imitent avec joie les dérèglements et les crimes des Dieux ne se soucient pas que la république soit prostituée à toutes sortes de vices. Qu'elle demeure seulement debout, disent-ils, qu'elle fleurisse, qu'elle soit triomphante et victorieuse, mais surtout qu'elle jouisse d'une parfaite tranquillité; que nous importe le reste? Il nous importe bien davantage que chacun accroisse tous les jours ses . richesses pour suffire à toutes ses profusions et s'assujettir les faibles. Que les pauvres deviennent les courtisans des riches pour avoir de quoi vivre et jouir d'une oisiveté tranquille à l'ombre de leur protection, et que les riches abusent des pauvres pour les faire servir à leur faste et à leur vanité* Que les peuples saluent de leurs, applaudissements non les défenseurs de leurs véritables intérêts, mais ceux qui leur font largesse de voluptés. Qu'on ne commande rien de fâcheux, qu'on ne défende rien d'impur. Que les rois ne se soucient pas que leurs sujets soient bons, pourvu qu'ils soient soumis. Que les sujets n'obéissent pas aux rois comme aux directeurs de leurs mœurs, mais comme aux arbitres souverains de leur fortune et aux pourvoyeurs de