‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 356 sur 539 · DeCivUate Dei, iib. XIX, cap. xii · texte numérisé non relu

DeCivUate Dei, iib. XIX, cap. xii

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leurs plaisirs ; ne ressentant pour eui, à la place d'un respect sincère, qu'une crainte servile. Que les lois veillent plutôt à conserver à chacun sa vigne que son innocence. Que Ton n'appelle en justice que ceux qui entreprennent sur la fortune ou sur la vie d autrui, ou qui le gênent ou lui font tort; mais qu'on puisse faire librement tout ce qui platt des siens, ou avec les siens^ ou avec tous ceux qui le veulent bien souffrir. Que les prostituées abondent dans les rues pour quiconque désire en jouir, surtout pour ceux qui n*ont pas le moyen d'entretenir une concubine. Qu'on élève de vastes et magniGques maisons; qu'il y ait partout des festins somptueux ; que chacun, pourvu qu'il le veuille et qu'il le puisse, trouve jour et nuit le jeu, le vin, le vomitûire, la volupté; qu'on entende partout le bruit de la danse; que le théâtre frémisse des transports d'une joie dissolue et des émotions qu'excitent les plaisirs les plus honteux et les plus cruels. Qu'il soit déclaré ennemi public celui qui osera blâmer ce genre de félicité. — Que ceux-là seuls soient regardés comme de vrais dieux qui ont procuré ce bonheur au peuple et qui le lui conservent. Qu'ils fassent seulement que ni la guerre, ni la peste, ni aucune autre calamité ne trouble un État si prospère. Est-ce là, je le demande à tout homme eu possession de sa raison 5 est-ce là une répubUque qui ressemble à l'empire romain? ou plutôt n'est-ce pas la maison de Sardanapale * ? »

Or, un État n'est corrompu que <c parce que la corruption règne déjà dans le cœur des particuliers,

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