‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 357 sur 539 · De Civitaie Dei, lib. H , cap. xx · texte numérisé non relu

De Civitaie Dei, lib. H , cap. xx

qui sont comme les éléments et les semences des cités*. »

Le premier et le plus sur moyen de rendre les États heureuXy c'est donc de chasser des âmes les passions mauvaises^; et chasser les passions mauvaises, c'est renverser ]e cultedesfauxdieui^. «Onaccuse la religion chrétienne d'être ennemie delà république. Ah! que ne suit-on ses salutaires maximes ! Sous leur influence, on verrait s'établir, se fortifier, se développer, s'accroître une république plus glorieuse que celle qu'ont fondée Romulus, Numa, Brutus, et tous les autres illustres promoteurs de la nation romaine *. Que ceux qui prétendent que la religion chrétienne est hostile à la république nous donnent des soldats, des gouverneurs de pro-* vinces, des époux, des parents, des fils, des maîtres, des serviteurs, des rois, des juges, ou même des administrateurs du trésor public, pareils à ceux que forme le Christianisme! Au lieu de combattre la doctrine du Christ, qu'ils avouent plutôt que, si on lui obéissait, elle serait pour la république la cause la plus puissante de sa prospérité *. »

C'est une erreur, en effet, de croire que la piété détourne de l'action. La vie du chrétien consiste en un sage tempérament de pratique et de spéculation. Car « on ne doit point tellement s'adonner au repos de la contemplation qu'on ne songe à être utile au prochain,

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