Ibid,, ibid,, cap. ili
ni se livrer à l'action de telle sorte qu'on en oublie la contemplation K »
Il en est d'un autre côté, des princes comme des peuples. La justice seule leur est un gage de bonheur. « Si nous appelons heureux quelques empereurs chrétiens, ce n'est pas pour avoir régné longtemps, pour être morts paisiblement en laissant leur couronne à leurs enfants, ni pour avoir vaincu leurs ennemis du dehors ou réprimé ceux du dedans. Nous appelons les princes heu« reux quand ils font régner la justice ; quand, au milieu des louanges qu'on leur prodigue ou des respects qu'on leur rend, ils ne s'enorgueillissent pas, mais se souviennent qu'ils sont hommes; quand ils soumettent leur puissance à la puissance souveraine de Dieu ou la font servir à la propagation du vrai culte , craignant Dieu, l'aimant, l'adorant, et préférant à leur royaume celui où ils ne craignent pas d'avoir des égaux; quand ils sont lents à punir et prompts à pardonner, ne punissant que dans l'intérêt de l'État et non dans celui de leur vengeance, ne pardonnant que dans l'espoir que les coupables se corrigeront et non pour assurer l'impunité aux crimes , tempérant leur sévérité par des actes de clémence et par des bienfaits, lorsque des actes de rigueur sont nécessaires; d'autant plus retenus dans leurs plaisirs qu'ils sont plus libres de s'y abandonner à leur gré ; aimant mieux commander à leurs passions qu'à tous les peuples de la terre; faisant tout cela en vue non de la vaine gloire, mais de l'éternelle félicité; ofTrant enfin au vrai Dieu, pour leurs péchés, le sacrifice de l'humi-