Epistola CLlll, Macedonio (414), cap. Yi
un innocent par ignorance, il arrive qu'il lue cet innocent par les moyens mômes qu'il emploie pour ne le point faire mourir *. »
Au nombre des procédés qu'Augustin condamne, notons aussi le mensonge officieux.
« C^est d'après l'intention qu'il a eue, et non point d'après la vérité ou la fiiusseté des choses, que l'on doit juger qu'un homme a menti ou n'a pas menti ^. Personne ne peut soutenir qu'il faille parfois mentir, à moins d'établir que l'on peut, par le mensonge, obtenir quelque bien éternel. Mais comme on s'éloigne d'autant plus de l'éternité qu'on s'éloigne de la vérité , il est parfaitement absurde de dire qu'on puisse, en s'en éloignant, parvenir à un bien quelconque ^. » Augustin, par conséquent, n'aurait point souscrit à la maxime qu'il faut quelquefois tromper le peuple.
Cependant, il importe de ne pas s'y méprendre. En proclamant que la loi n'est juste que par sa conformité à la loi de Dieu, Augustin entend, ce qui est considérable, qu'il n'y a de vraie justice que celle qui consiste à rendre aussi à Dieu ce qui lui appartient. En un mot, s'il distingue la loi civile de la loi religieuse, il ne l'en sépare point. Professer la religion orthodoxe est, dans ses idées, une partie de la justice.
Le prince représentant , sauvegarde de la justice, aura-t-il donc le droit et le devoir de défendre l'ortho-