Kpis'.ola CCIV. Duïciiio
si on ne peut les corriger 8ans scinder l'Église ^ C'est, en définitive, cette préoccupation de Tunité ecclésiastique qui rincline aussi à des maximes de persécution. Préserver ou menacer l'unité de TÉglise, ce n'est rien moins, dans sa pensée, qu'assurer ou compromettra le salut du monde.
« C'est toi y Église catholique , s'écrie Augustin ; c'est toi, mère véritable des chrétiens, qui exerces et instruis les enfants avec une tendresse enfantine, les jeupes hommes avec force , les vieillards en assurant leur repos, proportionnant à chacun ce qui convient nonseulement au développement de son corps , m^is aussi de son âme. C'est toi qui soumets, par une chaste et fidèle obéissance, les femmes à leurs maris, non point pour le contentement de la passion, mais pour la propagation de la race humaine et la douceur de la vie domestique. C'est toi qui donnes emph*e aux maris sur leurs femmes, non point afin qu'ils se jouent d'un sexe faible, mais afin qu'ils leur commandent par les lois d'un sincère amour. C'est toi qui assujettis aux parents les fils par une libre servitude, et qui établis sur les fils la pieuse domination des parents. C'est toi qui unis les frères aux frères par le lien de la religion , plus solide et plus étroit que les liens du sang. C'est toi qui resserres toute alliance en ajoutant aux nœuds de la nature et de la volonté les embrassemenls d'une charité mutuelle. C'est toi qui attaches aux maîtres les esclaves, non pas tant par la nécessité de leur condition
I. Cf. Barbeyrac, Traité de la Morale des Pères de VÉglitt, iD-4, Amsterdam , 1 728 , chap. xvi.
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que par le plaisir qu'ils éprouvent à remplir leur tflch^. C'est toi qui rends les maîtres faciles aux esclates en considération du Dieu très-haut qui est leur commun Seigneur, et qui les disposes à la vigilance plutôt qu^à la violence. C'est toi qui unis les citoyens aux citoyen^, les peuples aux peuples, les hommes aux hommes, en leur rappelant leur première origine, d'où naît entre eux non plus simplement une société, mais une sorte de fraternité. Tu enjoins aux rois de prendre soin des peuples ; tu avertis les peuples de se soumettre aux rois. Tu ne cesses d'enseigner à qui on doit l'honneur, à qui l'affection, à qui le respect, à qui la crainte, à qui la consolation, à qui l'avertissement, à qui Teneouragement, à qui la direction, à qui le reproche, à qui le supplice ; montrant en quelle manière, si on ne doit pas tout à tous, on doit à tous la charité, et qu'envers personne il ne faut se permettre l'injure ^ n
Ce terme suprême de ses efforts, l'unité de l'Église; les moyens qu'il croit légitime d'employer pour la fonder et k maintenir, jusqu'à devenir persécuteur; Augustin n'hésite point à les déclarer même aux dissidents. En 416, un prêtre donatiste, nommé Donat, a été violemment saisi par l'autorité catholique et s'est blessé en résistant à cette violence. Augustin lui écrit pour lui représenter qu'il a eu tort de résister, et qu'on a eu raison de le violenter. Car c'est un bien que ne pas laisser, quand on le peut, la liberté de faire le mal. Eh ! quoi, c'est un bien que de violenter des prêtres pour les élever à l'épiscopat, et ce ne serait pas un bien