Epiêtola CV, DonaïUiis (409), cap. m
I>ES DEt'X CITÉS. 73
unité, les Donatistcs la fuient, afin que nous réclamions contre leur improbité les lois publiques, et que contre ces lois les Circoncellions s'arment de leurs fureurs. — Cette unité, les Donatistes la fuient, afin que Taudace des gens de la campagne s'élève contre leurs possesseurs, et que, contrairement aux préceptes des apôtres, les esclaves fugitifs non-seulement se dérobent à lours maîtres, mais les menacent et les violentent. — Cette unité, enfin, les Donatistes la fuient, afin que tous ceux qui se refusent parmi nous à la discipline trouvent chez eux un asile. — Voilà les fruits de cette division qu'ils ne veulent pas guérir, puisqu'ils fuient l'unité comme il faudrait fuir la division elle-même, laquelle par ellemême est honteuse et condamnée de Dieu, alors même qu'elle ne serait pas le principe de tant et de si horribles calamités " . »
Ainsi, selon Augustin, attaquer l'orthodoxie ou s'y soustraire, c'est attaquer l'unité, la loi divine, la justice. Les princes, par conséquent, qui ont pour mission d'assurer le respect de la justice, ne remplissent leur tâche qu'autant qu'ils garantissent l'obéissance à la loi divine et qu'ils maintiennent l'unité, essence de l'orthodoxie, (c Quand le glaive des puissances temporelles attaque la vérité, il est pour les forts une épreuve glorieuse, et pour les faibles une dangereuse tentation : mais quand il est tiré contre l'erreur , il est pour ce qu'il y a de gens sages parmi ceux qui y sont engagés, un avertissement salutaire, et pour les autres une tribulation infructueuse. Il n'y a point de puissance qui