‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 37 sur 539 · i^}(/., lib. m, cap. XX · texte numérisé non relu

i^}(/., lib. m, cap. XX

la porte de la science à ceux qui sont désireux d'en pénétrer les secrets '. »

« Tel est Tordre de la nature, poursuit Augustin ; lorsque nous apprenons quelque chose, il faut que l'autorité précède la raison. Sans doute on peut trouver bien faible la raison, qui, une fois mise en présence d'elle-même, cherche ultérieurement dans Tautorité un point d'appui. Mais comme les esprits des hommes aTeuglés par les ténèbres où ils vivent et tout enveloppés par la nuit de leurs péchés et de leurs vices, ne peuvent tourner les regards de leur raison vers la claire et pure lumière, il est très-salutaire qu'une autorité soutienne leur vue défaillante et intercepte, en les adoucissant, les rayons trop vifs de la vérité ^. »

Ainsi, au début de la connaissance, l'autorité est nécessaire à tous les hommes. Elle est indispensable au plus grand nombre ^, dans les développements même de la connaissance. Si la raison en effet est a ce mouvement de l'esprit qui peut distinguer et enchaîner les notions que nous avons acquises, combien peu d'hommes néanmoins sont en état de la prendre pour guide, lorsqu'il s'agit d'entendre ce qu'est Dieu, ce qu'est notre àme, ou en général un esprit ! Engagés dans les sens, il leur est difficile de rentrer en eux-mêmes*. » Par conséquent, autre chose est croire à l'autorité, autre chose est croire à la raison. Mais c'est se donner un grand soulagement et s'épargner bien des peines que

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