‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 376 sur 539 · De Divertis Qusestionibus LXXXIU , qusst. LTiii · texte numérisé non relu

De Divertis Qusestionibus LXXXIU , qusst. LTiii

2. De Genesi contra Manichxos], lib. 1 , cap. xiiu. Cf. De Civitate Dei, lib. XXII, rap. xxx.

3. De Vera ïleligione y cap. xxvi. De Genesi contra Manichxos, lib. I, cap. XXV.

Après Tcnfance, vient le second âge, où nous commençons à Caire quelque usage de la mémoire.

A celui-là succède le troisième âge, auquel la nature met rhomme en état d'être père.

Le quatrième âge rend l'homme capable d'exercer les charges publiques, et l'oblige à régler sa vie sur les ordonnances des lois. C'est à cet âge que les défenses sévères de commettre des crimes , et les peines décernées contre ceux qui les ont commis, lesquelles retiennent les hommes par le frein d'une crainte servile, excitent dans les âmes charnelles une ardeur encore plus violente de satisfaire leurs passions, et les rendent doublement coupables dans toutes leurs fautes, parce qu'il y a double péché à faire une action qui non-seulement est mauvaise, mais qui encore est défendue.

Après les travaux et les agitations de cet âge, l'homme entre dans la vieillesse, où il trouve quelque paix et quelque repos.

Et il tombe enfin dans le dernier âge qui, au milieu de mille dégoûts, au milieu des faiblesses et des maladies, le conduit jusqu'à la mort.

Voilà la vie de l'homme, qui vit selon le corps, et qui est comme enchaîné par les passions violentes que lui cause l'amour des choses du monde.

C'est celui qu'on appelle le vieil homme, l'homme extérieur et terrestre , quelque heureux qu'il puisse être de cette félicité humaine, qui seule est connue du vulgaire; quelque bien réglé que soit l'État où il vit, que cet État soit gouverné par des rois, ou par des princes, ou par les lois, ou par toutes ces puissances ensemble.

Il y a des hommes qui depuis leur naissance jusqu'à

leur mort ne mènent que la vie de ce vieil homme extérieur et terrestre, soit qu'ils se montrent honnêtes suivant le monde, soit même qu'ils dépassent la mesure d'une justice servile.

Mais il y en a quelques-uns qui, après avoir commencé nécessairement à vivre de la vie de ce vieil homme, renaissent ensuite par une naissance intérieure. Détruisant alors les restes de cette vieillesse par la force qu'ils acquièrent dans la vie spirituelle, et par leurs progrès dans la sagesse, ils soumettent violemment leur existence aux lois du ciel, jusqu'à ce qu'après la mort visible, ils soient entièrement renouvelés.

C'est cet homme qu'on appelle l'homme nouveau , l'homme intérieur et céleste, lequel a aussi ses âges spirituels, mais qui sont proportionnés aux degrés de son avancement dans la vertu, et non point au nombre de ses années.

Dans son premier âge, il se nourrit des bons exemples qu'il trouve dans les histoires, et cette nourriture est comme le lait de son enfance.

Dans le second, il oublie déjà les choses humaines, n'aspirant plus qu'aux choses divines, et il ne demeure plus dans le sein et comme dans les bras de l'autorité humaine, mais s'avance par les démarches de la raison vers la loi souveraine et immuable.

Dans le troisième, l'homme est dans une force et une yigueur plus grandes, et soumettant parfaitement la chair à l'esprit, comme la femme est soumise à son mari, il ressent une joie intérieure, et comme les douceurs de l'affection conjugale. C'est alors que la partie inférieure s'unit et se joint avec la supérieure, qu'elle 11. (;

se couvre comme du voile de la chasteté et de la pudeur, et qu'elle est si éloignée d'avoir besoia qu'on l'oblige à bien vivre, qu'elle ne voudrait pas pécher quand toute la terre le lui permettrait.

Dans le quatrième âge, l'homme nouveau accomplit les mêmes actes que dans le troisième , mais il les accomplit avec plus de conduite et de fermeté. Il commence alors à entrer dans l'état d'homme parfait, et se trouve capable de soutenir toutes les persécutions des hommes, de résister à tous les flots et à toutes les tempêtes du monde.

Lorqu'il est arrivé au cinquième âge, il jouit d'une paix entière et d'une absolue tranquillité, vivant parmi les richesses et dans l'abondance du royaume immuable de la souveraine et ineffable sagesse.

Dans le sixième, il change entièrement, jusqu'à oublier toute cette vie temporelle, pour ne penser plus qu'à Téternîté. C'est alors qu'il passe à cette forme si parfaite, qui a été créée à l'image et ressemblance de Dieu même.

Le septième âge est enfin l'éternel repos, la perpétuelle béatitude où il n'y a plus d'âges à distinguer. Car, de même que la fin du vieil homme est la mort, la fin de l'homme nouveau est la vie éternelle. Celui-là est en effet l'homme du péché, et celui-ci l'homme de la justice ^ »

D'autres fois encore , Augustin croit trouver dans les sept jours de la création une frappante image des divi-» sions qui partagent l'histoire ^.

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