‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 377 sur 539 · De catechizandit rudibus^ cap. xxii · texte numérisé non relu

De catechizandit rudibus^ cap. xxii

Cependant, il reste à expliquer pourquoi les Âges ou divisions qu'assigne Augustin dans l'histoire de l'humanité offrent de l'inégalité ; comme aussi il reste à dire si l'on peut assigner la durée du sixième âge, qui correspond à la vieillesse, et après lequel commencera l'Âge du Sabbat.

L'esprit subtil de l'évéque d'Hippone ne recule point Hpt ces difticultés.

iquelqu'un s'étonne, écrit-il, que des six époques nus avons distinguées dans l'histoire, les deux t^g comprennent dix générations, tandis que les ■ivantes en comprennent chacune quatorze, et :ncoL'c que nous n'assignons pas le nombre des ions cumprises dans la sixième; il est facile de ri! que dans chaque homme aussi, les deux pre- Igcs, celui qui précède l'enfance et la vieillesse, jveloppés dans les sens. Or, il y a cinq sens, la Iule, 1 odorat, le goût et le tact ; mais le nombre f. doublé, parce que le sexe humain, d'où proviens générations, est double, le masculin et le fémî- , le nombre cinq doublé donne dix. D'un autre I partir de l'adolescence et au delà, du moment Bison commence à dominer chez l'homme, aux jns s'ajoutent la connaissance et l'action, par où kt régie et gouvernée , si bien qu'ainsi se forme pre sept; mais ce nombre, doublé comme le pré- , ;!i cause du double sexe, apparaît et domine is quatorze générations, que comprennent les trois Ages suivants, lesquels correspondent h l'adolescence, à la jeunesse et à l'Âge mûr. Quant à la vieillesse, nous ne lui fixons pas un nombre déterminé d'années.

8i CHAPITRE VI.

mais nous comprenons sous cette dénomination tout le temps que vit un homme après que les cinq premiers âges sont écoulés : c'est pourquoi, de même, nous n'assignons point de générations h la dernière époque de l'humanité. De la sorte, le dernier jour nous reste inconnu; et, aussi bien, le Seigneur nous enseigne {Matth. XXIV, 36) qu'il est utile qu'il nous soit caché ^ »

Ces explications ne sont pas les seules. On peut remarquer, en effet que « la vieillesse étant dite commencer à partir de la soixantième année, et la vie humaine pouvant parvenir jusqu'à cent vingt ans, il est manifeste que la vieillesse peut à elle seule être aussi longue que tous les Ages antérieurs pris ensemble. On est par conséquent dans une incertitude complète sur le nombre de générations qu'il faut compter dans la dernière période de l'histoire de l'humanité, laquelle commence à l'avènement de Notre-Seigneur, et doit durer jusqu'à la fin du siècle ^. »

Quoi qu'il en soit, et tout ignorée qu'elle puisse être de nous, l'heure de la fin des deux Cités n'en viendra pas moins.

Pour lors, éclatera le jugement de Dieu, lequel redressera tous les jugements que nous portons ici-bas. La Cité du monde partagera les supplices des mauvais anges ^. La Cité de Dieu, céleste Jérusalem, entrera en possession d'une béatitude ineffable, a II y aura la Cité

1 . De Genesi contra Maniehmos , lib. 1 , cap. xxiv. ?. De Divertis Quxstionibuê IXWWi ^ qua;st. lviu. 3. De Civitaie Dri , Ub. XXI , cap. xxiii et sq.

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du Christ qui recevra les bons, hommes ou aoges; il y aura la Cité du diable, qui recevra les méchants. Ceuxlà n'auront plus la volonté, ceux-ci n'auront plus la faculté de pécher; ni les uns ni les autres n'auront la possibilité de mourir. Pour les uns ce sera la félicité d'une étemelle vie, pour les autres le malheur d'une éternelle mort; pour les uns et les autres, une condition qui ne finira pas, quoique le bonheur de ceuxlà doive être inégal, de même que la souffrance de ceux-ci*. »

Qu'on entende ces mots de félicité étemelle! Les enfants de la Cité terrestre qui n'aiment, après tout, qu'une vaine gloire, reçoivent une récompense vaine. Il n'en est pas ainsi a de la récompense de ceux qui souffrent ici-bas pour la Cité de Dieu, objet de haine à ceux qui aiment le monde. Cette Cité est éternelle ; personne n'y prend naissance, parce que personne n'y meurt "^ »

a La suite des générations humaines, dont les unes meurent pour être remplacées par d'autres, n'est que le fantôme de l'éternité, de même qu'on dit qu'un arbre est toujours vert, lorsque de nouvelles feuilles, succédant à celles qui tombent, lui conservent toujours son ombrage. Mais la Cité de Dieu sera vraiment éternelle; car tous ses niembres seront immortels, et les hommes justes y acquerront ce que les anges n'y ont jamais perdu ^. »

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