DE L'ERUDITION DE S. AUGUSTIN
Et d*aborcl, quel était, au quatrième siècle de notre ère, rétat des écoles qu'a pu fréquenter saint Augustin ?
Il n'est pas inutile de le remarquer. L'Afrique, où devait naître et grandir Augustin, ne comptait pas seulement au nombre des plus riches provinces romaines, et parmi celles qu'on appelait nutrices Romœ * ; mais elle se trouvait depuis longtemps comme en possession de fournir à l'Empire des personnages considérables par le talent et par la science. L'Adrumétain Salvius avait été le rédacteur de l'Édit perpétuel. Le Maure Opélius Macrinus, un des successeurs de Sévère, était un jurisconsulte distingué. Albinus d'Adrumète, qui prit la pourpre en même temps que Sévère, était un connaisseur érudit. Le consul Eutychius Proculus, natif de Sicca, avait professé la grammaire. Apulée de Madaure avait été comblé, dans sa patrie, d'assez d'honneurs pour n'avoir désiré ni Rome, ni l'Italie. Enfin, l'Afrique avait vu naître, avec le poëte Némésianus, Tertullien et Minucius Félix, Cyprien, Arnobe et Lactance ^.
Ce n'était donc pas dans un milieu barbare, quoique enveloppé de paganisme et comme frémissant de supcrsti-
1. Cf. M. Beugiiot, Histoire de la dexduttion du Pn/janiMne en Occident f t. 1 , p. 317.
2. Cl". M. Atnédée Thierry, Tableau de l'Empire romain , dep.iis la fondation de Rome jnsiina lajin du [fouverncntenl impérial en Occident, Paris, 18G2: iii-l'i, p. 229.