‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 390 sur 539 · De Civitate Deif lib. X, cap. xxi · texte numérisé non relu

De Civitate Deif lib. X, cap. xxi

allusion Augustin? et quels écrivains l'ont initié par leurs traductions à une philosophie qu'il n'était pas à même d'étudier dans son expression originale?

Nous avons déjà mentionné Cicéron, Apulée *, Chalcidius, le commentateur du Tintée. A ces noms s'ajoute celui du célèbre rhéteur Victorin^. Il est du reste évident que ce n'est là, à vrai dire, qu'une tête de liste des nombreux traducteurs de Platon et des Platoniciens.

S'il faut maintenant indiquer d'une manière précise ce qu'Augustin a su de Platon, et ce qu'il en a ignoré, nous n'avons guère qu'à reproduire les énonciatious d'un récent commentateur de saint Augustin, a Par une suite inévitable, et faute même de traductions, écrit M. Saisset, Augustin n'a pu faire une étude régulière et complète des Dialogtœs, On ne voit pas qu'il ait eu connaissance de toute une partie très-considérable de l'œuvre de Platon; je veux parler des dialogues essentiellement consacrés à la méthode dialectique, tels que le Sophiste et le Pamiénide. 11 paraît avoir connu le Phédon^ le Phèdre, la République^ le Gorgias. Peutêtre le seul dialogue qu'il ait pu lire avec application et dans toute son étendue, c'est le Timée, Il est vrai que le Timée contient la théorie des idées, la doctrine de la Providence, la formation de l'aine et le système du monde, et, pour un homme de génie comme saint Augustin, lire le Timée^ c'est connaître, sinon Platon tout entier,

1 . Du Dieu de Sacrale ; De In Doctrine de Platon ; Fragments IX-X du Phédon; XI 1. De ta République, Voy. Bétolaud, Traduciitm de« CEnvris d'Apulée; 2 vol. Paris, I86Î.

? . Cf. De Lauooi , De Quinque Victorini$,

du moins le meilleur de la métaphysique de Platon '. » Suivant nous, saint Augustin a connu aussi le Ban-

Enfin, comment ne pas rappeler, avant de signaler les analogies qui se rencontrent entre les doctrines du fondateur de l'Académie et celles de Tévêque d*Hippone, que Tadmiration d'Augustin pour Platon a eu ses vicissitudes, et comme ses époques? Tantôt il le loue jusqu'à l'exalter; tantôt il conteste l'originalité de ses enseignements, et finit, en le mettant au-dessous du dernier chrétien, par se reprocher l'engouement que lui a inspiré ce prince, et, comme parle Cicéron, ce dieu des philosophes '.

Écoutez-le dans les Académiques :

c( Platon est l'homme le plus sage et le plus érudit de son temps; il a parlé de telle sorte que^ tout ce qu'il a dit, il l'a rendu grand; et il a parlé de telles choses, que, quoi qu'il dit, elles ne pouvaient devenir petites*. »

Dans la Cité de Dieu, Augustin pourra bien écrire encore :

c( Si Platon a défini le sage, celui qui imite le vrai Dieu, le connaît, l'aime et trouve la béatitude dans sa participation avec lui, à quoi bon discuter contre les philosophes? Il est clair qu'il n'en est aucun qui soit

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