De CivitateDei, 11b. XU, cap. xii
raison de la création que celle-ci : une œuvre bonne a été produite par un bon ouvrier. Platon apporte aussi cette même raison de la création du monde, et dit qu'il était juste qu'une œuvre bonne fût produite par un Dieu bon, soit qu'il ait lu cela dans nos livres, soit qu'il l'ait appris de ceux qui Ty avaient lu, soit que la force de son génie l'ait élevé de la connaissance des ouvrages visibles de Dieu à celle de ses grandeurs invisibles, soit enfin qu'il ait été instruit par ceux qui étaient parvenus à ces hautes vérités *. »
D'après Augustin, Platon aurait même entrevu le dogme de la Trinité et pressenti la nature du Logos. L'esprit général de la philosophie platonicienne, les raffinements suprêmes de la théorie des idées, le Démiurge du Timée^ quelques phrases éparses dans les Dialogues^ surtout les théories néoplatoniciennes qu'il confond perpétuellement avec les théories même de Platon , ont pu suggérer au saint Docteur cette attribution qui surprend. Ce qui reste certain, c'est, comme le remarque Tillemont^, qu'il fut beaucoup aidé, pour ce qui regarde la connaissance de Dieu, par la lecture de quelques livres de Platon et des Platoniciens. Lui-même avoue que, « bien loin de croire que le Verbe a été fait chair ^ il n'avait pas seulement soupçonné que cela fut possible, et qu'il ne commença d'apercevoir cette vérité, que lorsqu'il eut appris des Platoniciens que le Verbe existe avant toutes choses, qu'il était de toute éternité avec Dieu; qu'il a tout créé,