De Civitate Dei , lib. XI , cap. xxi
2. Mémoires pour servir à l'Histoire ecclésiastique t t. XllI , p« 58.
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qu'il est le Fils unique du Père, et qu'enfin il est égal au Père, étant de même substance que lui *. »
Quoi qu'il en soit, nul doute qu'Augustin n'ait, à tout le moins, dérivé du Platonisme les éléments de sa théologie naturelle. Ce fut grâce à Platon, par exemple, qu'il parvint à concevoir Dieu comme une lumière incorporelle. C'est ainsi encore que les principes de son optimisme sont des principes tout platoniciens. Que le bien, en effet, vienne de Dieu; que le mal vienne de l'homme et des abus de la liberté; que Dieu, enfin, en permettant le mal, l'ait prévu, et que sa providence le fasse tourner au bien, telle est la doctrine de Platon sur l'origine du mal. Tels sont aussi les enseignements que professe Augustin. L'un et l'autre, en dernière analyse, conçoivent l'ordre moral comme l'ordre supérieur des choses.
Que si des considérations touchant la nature de Dieu et du monde, on se reporte aux doctrines qui ont l'homme et sa destinée pour objet, là encore on retrouve, en quelque manière, Augustin à l'école de Platon. La démonstration qu'il donne de la spiritualité de l'âme est toute platonicienne, de même qu'il emprunte à Platon les preuves, après tout, plus spécieuses que solides, sur lesquelles le divin philosophe fonde l'espoir de notre immortalité. Augustin, d'un autre côté, parJe comme Platon, soit de la santé et de la maladie de l'âme, de la guerre intestine qu'éprouve tout homme ^, du vice et de la vertu ; soit de la nécessité
1. Mémoires pour servir à l'Histoire! pcelésiastique , p. 5j9. ?. Confessionum lib., passim.
de purifier l'àmp, afin que de la vie purgative elle passe à la vie illuminative, puis à la vie unitive. Il reproduit également les théories du Gorgias sur Talliance de la faute et de la punition , quoiqu'il enfonce moins que le Gorgias dans la théorie du droit de punir. Il adopte en effet la solution qu'a proposée Platon du problème du souverain bien , si controversé par Tantiquité tout entière. Pour lui, comme pour Platon, philosopher c'est aimer Dieu'. Pour lui, comme pour Platon, en métaphysique. Dieu est la vérité et le bien. Pour lui, comme pour Platon, la morale consiste à se rendre semblable à Dieu ^.
Ce n'est pas tout. A l'exemple de. Platon, Augustin professe l'identité du beau et du bien, et ramène au beau moral le beau par excellence, en même temps qu'il s'approprie la doctrine du Baiiquet sur l'amour^. En politique, il est bien près d'entendre comme Platon le rôle de la vertu dans l'État, et, comme lui du moins, il fait de la justice un essentiel élément de prospérité pour les peuples, de bonheur pour le prince. Enfin, lorsque Platon enseigne qu'il y a dans la nature des choses deux modèles, Vun divin et heureux, l'autre sans Dieu et misérable ^ ; lorsqu'il déclare que le philosophe, voyant l'injustice envelopper les autres hommes ici-bas, place plus haut la Cité après laquelle il soupire, et, « comme l'oiseau, tourne constamment ses regards