De Civitate Dei, lib. VUI , eap. iv
3. M. Saisset , Traduction de la Cité de Dieu , 1. H , p. 75, noie.
DES SOURCES GRECQUES ET ORIENTALES. iiS
peuvent être éternellement sans corps, de sorte que celles même des sages retourneront à la vie corporelle, après un long espace de temps. Porphyre déclare que lorsque Tâme parfaitement purifiée sera retournée au Père, elle ne reviendra jamais aux misères de cette vie*.» Évidemment, il y a dans ces paroles ignorance de la vraie doctrine de Platon relativement à la vie future. Car on se convainc, à consulter les textes, que le philosophe grec, contrairement à Tassertion d'Augustin, exemptait certaines âmes de la transmigration*.
Mais c'est surtout lorsqu'il s'agit de la nature de Dieu et de la création, que l'on s'étonne des assertions de l'évi^que d'Hippone. Que Platon, en effet, ait parlé de Dieu en termes admirables; qu'il ait célébré avec éclat et profondeur la puissance qui débrouillant le chaos ténébreux, y a introduit l'ordre et la lumière, c'est ce qu'on ne saurait contester. Cependant, n'est -il pas incontestable aussi que le Dieu de Platon est un Dieu architecte et non point créateur, et qu'il y a au fond dU Platonisme un dualisme, quelque affinée qu'y soit la matière, et comme réduite à Tindétermination et au néant ^? Où découvrir, d'autre part, chez Platon, cette aperception même confuse de la Trinité, que lui prête Augustin? Et ne faut-il pas la subtilité infinie d'un esprit prévenu, et comme un effort violent de dogma-