‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 405 sur 539 · lib. VIII, cap. xii · texte numérisé non relu

lib. VIII, cap. xii

contre la théorie des idées lui est, par exemple, parfaitement inconnue.

Cependant, quelque fautive et insuffisante que puisse être la connaissance qu'Augustin a eue d'Aristote, les œuvres du Stagirite ne lui sont pas restées absolument étrangères, et là se découvre une nouvelle source de sa philosophie. Évidemment, ces ouvrages doivent être compris parmi les Uvres qu'il rappelle avoir lus sur les arts libéraux ^ Nous savons, de plus, que s'il n'est pas l'auteur de la traduction des Catégories^ qui sous son nom a traversé tout le moyen âge *, il connut nommément ce traité d'Aristote.

« A l'âge de près de vingt ans, il me tomba entre les mains un traité d'Aristote sur les dix Catégories, titre dont mon maître de Carthage parlait avec tant d'emphase, ainsi que tous ceux qui passaient pour savants, que j'étais impatient de lire cet écrit comme quelque chose de merveilleux et de divin ; de quoi me servit-il de l'avoir lu et de l'avoir compris à moi seul ^? »

Non-seulement une telle connaissance ne servit de rien à Augustin, mais, au contraire, elle lui nuisit. Car ce pensant que tout ce qui existait devait rentrer dansées dix prédicaments , il essaya de concevoir Dieu de la même manière. Dieu admirablement simple et immuable. Il crut que sa grandeur et sa beauté sont en lui

1. Confesiionum lib. IV, cap. xvi. « Et quid mihi proderat quod omnes librot artium quas libérales vocanlf tune nequisêimui malarum cupi" ditatum servus per meipsum legi et intellexit quoscunque légère potui ? »

2. Voy. ci-après, chap. ii , 1. De V Influence de la Philosophie de S, Augustin avant le diX'Septième siècle,

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