‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 41 sur 539 · De duahus Animabus contra Manicharos, cap. vill · texte numérisé non relu

De duahus Animabus contra Manicharos, cap. vill

5. Ibid, 0 Quseris tu rationem, ego expavesco altitudinem. Tu ra» tiocinare, ego miror. Tu disputa^ ego credam, Altitudinem video, ad profundum non pen'pnio, *

rcDts * ? La foi n'en doit pas moins être raisonnable.

« En effet la divine Providence a su, dans son ineffable bonté, préparer à Tàme un remède contre Terreur. C*est un précieux composé, où se distinguent des éléments d'autorité et des éléments de raison. L'autorité réclame la foi et prépare Fbomme à la raison. La raison ache* mine Tbommc à Tintelligence et à la connaissance. D'un autre c6té, la raison n'est jamais complètement séparée de l'autorité. Car on considère à quoi il faut croire et lorsqu'une vérité est évidemment connue, elle exerce sur nous une souveraine autorité ^. d

ce Loin de nous donc, loin de nous la pensée que Dieu déteste en nous cette faculté excellente par laquelle il nous a si fort élevés au-dessus des autres animaux. Gardons-nous de croire afin de n'avoir pas ou de ne point cbercber à comprendre, puisqu'aussi bien nous ne pourrions pas croire si nous n'avions pas des âmes faites pour comprendre. C'est pourquoi, que dans cer* tains sujets qui appartiennent à la doctrine du salut, et que nous ne pouvons pas encore, mais que nous pourrons un jour comprendre par la raison, la foi précède la raison, de telle sorte que le cœur purifié reçoive et supporte les clartés d'une raison supérieure, cela môme est parfaitement conforme à la raison. Aussi est-ce la raison même qui parle parla bouche du Prophète, quand il dit : ta Si vous ne croyez, vous ne comprendrez pas {Isaîe vn) ; » par où il distingue ces deux choses, nous conseillant de commencer par croire, afin de pouvoir

t. De UtUitate credendi^ cap. Xll.

2. De Ordine^ llb. U, cap. v ehx; De Moribux Eceles, Cath,, lib. I, cap. II.

comprendre ce que nous croirons. Ainsi, c'est la raison qui veut que la foi marche devant; et si le précepte que donne le Prophète n'était pas selon la raison, il faudrait qu'il fût contre la raison, ce que Dieu nous préserve de supposer. Que si c'est la raison même qui veut que, sur des sujets importants et que nous ne sommes pas encore capables de concevoir, la foi précède la raison, évidemment, quelque faible qu'elle soit, la raison qui nous le persuade, précède la foi. C'est pour cela que l'apôtre saint Pierre exige que nous soyons toujours prêts à répondre de notre foi et de notre espérance à quiconque nous en demandera compte ' . )>

Oui, toute vérité est conforme à la raison, et un jour nous comprendrons ce qui présentement nous est incompréhensible. C'est la fausse raison que seule il faut fuir. La vraie raison n'est pas détruite, mais amplifiée par la foi. La loi n'a été écrite sur des tables que parce que les hommes ne la lisaient pas dans leurs cœurs. Car ils la portaient écrite en eux-mêmes, mais ils s'obstinaient à ne pas la lire ^.

Comme il y a d'ailleurs autorité divine et autorité humaine, et que Tinviolable, la suprême autorité est l'autorité divine ; il y a foi divine et foi humaine, et la foi par excellence est la foi religieuse. A cette foi s'unit l'espérance du souverain bien qui n'existe point actuellement pour nous, parce que nous sommes déchus; et à l'espérance s'ajoute l'amour qui est l'àme de la foi.

Les philosophes païens n'ont pas eu cette foi. De là

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