Contra Àcademicos ^ lib. Hl, cap. xvili
4. M. Rouillel, t. H de sa Traduction des Ennéadet, p. 638, S43, 557, 588, G07.
tempsycose, c'est de Ploiin qu*il tient le fond de sa psychologie. Notons , avec M. Bouillet, les points les plus saillants de cette reproduction.
a L'âme n'a pas d'étendue; elle est présente tout entière dans le corps tout entier^ comme le prouve la sympathie qui unit les organes ; elle est présente au corps, sans être, à proprement parler, dans le corps ; elle est à la fois indivisible et divisible ; elle est impassible. De là suit qu'elle est immortelle.
La sensation n'est pas un fait passif, mais un acte, lequel consiste à percevoir la modification passive éprouvée par l'organe. Le plaisir et la douleur naissent de l'union de l'âme avec le corps. Les passions sont liées à l'opinion et à l'imagination. De là résulte la concupiscence.
La mémoire ne dépend pas des organes; elle^st liée à l'imagination. C'est une puissance éternellement active. Il y a deux mémoires : la mémoire sensible et la mémoire intellectuelle; la seconde est supérieure à la première, comme l'âme raisonnable l'est à Tâme irraisonnable.
La mémoire ne s'appliquant qu'aux choses qui passent, le sage n'a pas besoin de la mémoire, parce que, contemplant toujours l'intelligence divine , il possède toujours présentes toutes les choses qu'il contemple.
Le raisonnement est une faculté discursive, tandis que la raison est une faculté intuitive, dont l'exercice est lié à celui de l'intelligence. L'âme connaît ses opérations par le sens intérieur et par la raison.
L'âme contemple les choses intelligibles par sa partie supérieure, c'est-à-dire par la raison et par l'inlelli-
gence; pour avoir riotuitioD des choses intelligibles, il suffit de s'y appliquer. L'intuition intellectuelle est analogue à l'intuition sensible.
Les idées {ideœ, formœ, species.notiones) sont identiques à l'intelligence divine. C'est leur contemplation qui éclaire l'intelligence humaine ; aussi cette contemplation est-elle commune à tous les hommes.
Enfin, les sept degrés de la vie de l'âme (qu'Augustin désigne sous différents noms) sont : la vie végétative, animatio; la vie sensitive, sensus; l'art, ars; la vertu purificative^ virtus; l'impaesibilité qui résulte de la purification, tranquillitas; la conversion de l'âme vers l'intelligence divine, ingressio; enfin, la contemplation ou la possession de Dieu , contemplatio vel mansio^ dont la vision ineffable élève l'âme au-dessus de la pensée même, n
a II estimpossible, conclut judicieusementM. Bouillet, de ne pas reconnaître, d'après cet ensemble de rapprochements, une filiation d'idées incontestable. Aussi csl-il indispensable, pour bien comprendre saint Augustin, de connaître la langue et la doctrine de Plotin ^ »
Secondement, ce ne sont pas seulement les vues psychologiques qu'Augustin a exposées dans son Traité de rimmortalité de l'dme^ de la Quantité de l'âme ou de VOrigine de rame, qu'il doit à Plotin. C'est encore au philosophe Alexandrin qu'il emprunte ses notions préférées de métaphysique, sa théorie des nombres, sa conception du beau, enfin la plupart des principes, à l'aide desquels il réfute les Manichéens. Ainsi,