M. Douillet, Traduction des Ennéadet, L 11. p
que le mal ne soit qu'une négation et qu'un défaut du bien; la matière, le non-^tre, la possibilité de l'existence qui tient de Dieu tout ce qu'elle est; que l'espace ait été créé avec la matière^ et le temps avec le monde ; que Tordre de l'univers ait sa raison d'être en Dieu seul; qu'il y ait un monde intelligible, vraie patrie des âmes '; que la Providence embrasse tous les êtres de son infaillible regard ^ ; ce sont là autant de données, parfois de provenance mi-partie Platonicienne et mipartie Péripatéticienne, mais que Plotin a condensées, et qu'à la suite de Plotin développe, à son tour, saint Augustin. Comment, d'ailleurs, dans cette fréquentation assidue des Alexaudrins, l'évêque d'Hippone ne se serait-il pas pénétré des idées de Plotin sur Dieu? Aussi, est-ce à la suite de l'auteur des Ennéades^ que, dans les premiers temps, il compare le monde à un vaste filet et Dieu à un océan où il serait plongé. Plus tard, la Trinité alexandrine lui devient une ouverture pour comprendre la Trinité chrétienne, malgré les différences radicales qui séparent ces deux Trinités. De même, il se figure qu'il y a chez Plotin des vues sur les rapports de l'âme et du Verbe conformes aux énonciations de saint Jean; bien plus, il croit démêler la théorie du Verbe éternel dans le livre des Troh hypostases principales '.
Après Plotin, on ne saurait indiquer de philosophe qu'Augustin ait plus pratiqué que Porphyre. Il serait