‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 413 sur 539 · Cr. M. Saissel, Introduction déjà citée · texte numérisé non relu

Cr. M. Saissel, Introduction déjà citée

pur avec un Platonisme corrompu, se félicitant de rencontrer dans des systèmes de fantaisie des analogies avec le Christianisme, lesquelles n'existaient que dans son imagination. Quelquefois, sans doute, il entre en défiance, et se retient, pour ainsi parler, sur la pente des analogies. Il oppose Platon à ses récents disciples, et semble soupçonner que les Platoniciens et Porphyre ont été égarés par les influences de TOrient, par le mysticisme de la Perse, de la Syrie et de la Chaldée. Mais il ne s'arrête qu'à des différences superficielles ou secondaires.

Aussi bien, comment méconnaître que ces mêmes influences ont agi sur son propre esprit? Deausobrc, il est vrai, reproche à saint Augustin d'avoir ignoré le Manichéisme ou de l'avoir mal présenté*. Et nous avouerons nous-mêmes qu'Augustin n'avait que des notions assez vagues sur Manès et ses trois précurseurs, Basilide, Marcion, Bardesane. Nous accorderons encore qu'il était peu versé dans les doctrines gnostiques, lesquelles, reprenant les spéculations de Tantiquité, se proposaient de rattacher au Christianisme Platon, Phi- Ion, le Zend-Avesta, la Kabbale ; mélange monstrueux de monothéisme et de panthéisme, de spiritualisme et de matérialisme, des croyances du vieux monde et des symboles du monde nouveau^. Toutefois, comment supposer qu'Augustin ait passé de si longues années parmi les Manichéens, contre lesquels ensuite il com-

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