‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 414 sur 539 · Histoire de Manichée, e(c., t. I, p · texte numérisé non relu

Histoire de Manichée, e(c., t. I, p

2. Voy. M. Matler, Histoire critique du Gnostieiitne et de son in* fluence; 2« édit. Paris, 1848, 8 vol. in-8.

posa jusqu'à trente-trois ouvrages, sans que le Manichéisme ait influé sur le cours de ses pensées? « Je tâcherai, écrivait-il, parlant des Manichéens, je tâcherai de garder à leur endroit une juste mesure, et de ne point me laisser aller en réfutant les pernicieuses erreurs d'hommes qui me sont très-connus, qui mihi sunt notissimi^ aux mêmes violences où ils s'échappent euxmêmes contre ce qu'ils ne connaissent pas; car je désire plus leur salut| s'il est possible, que leur défaite ' . »

On ne saurait admettre davantage que la manière de voir d'Augustin ne se soit point trouvée plus ou moins modifiée par les Gnostiques alors dominants, et, en général, par ces calculateurs mystiques qu'il suivit d'aiM)rd« pour les combattre plus tard, et qu'il désigne lui-même sous la dénomination obscure de mathématiciens. De la sorte, il n'aperçut le Platonisme, avec lequel il confondit d'ailleurs le Péripatétisme et les doctrines de l'Académie qu'à travers le Néoplatonisme; et le Néoplatonisme même ne lui apparut qu'au milieu des nuages qu'avaient amassés dans son intelligence le Manichéisme et le Gnosticisme, nuages qu'il lui fut manifestement impossible de dissiper jamais entièrement.

N'avions-nous donc pas raison d'afflrmer que la philosophie de saint Augustin s'était alimentée à toutes les sources de la sagesse antique, et que ce curieux génie» éveillé au spiritualisme par les enseignements platoniciens, n'était demeuré étranger à aucune des théories qu'embrassait le vaste syncrétisme de son temps?

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