De Moribus Ecclesix Catholicg, lib. I, cap. i
lU. DES SOURCES LATINES DE LA PHILOSOPHIE
Après avoir constaté quelles sont les traditions de la Grèce et de l'Orient qu'Augustin a reçues par le canal des Latins, recherchons, d'un aulre côté, quelles sont les sources latines elles-mêmes auxquelles il a directement eu recours. Ce n'est pas que l'on doive s'attendre à rencontrer là les influences d'une philosophie vraiment originale. Personne ne l'ignore. Les Latins n'ont guère fait autre chose qu'exposer et interpréter les systèmes de la Grèce. Toutefois, parmi ces systèmes, il en est deux, dont s'est profondément pénétré le génie romain, et qu'il s'est tour à tour, pour ainsi dire, appropriés. Ce sont l'Épicurisme et le Stoïcisme. C'est pourquoi, c'est surtout aux Latins qu'Augustin a dû de connaître les morales contraires d'Épicure et de Zenon.
«Fauste, écrit quelque part Augustin , parlant du représentant le plus accrédité du Manichéisme, Fauste avait lu plusieui^s discours de Cicéron, très-peu de livres de Sénèque, quelques poètes, et ceux des écrits de la secte qui avaient été rédigés en latin et avec quelque soin *. »
Ce sont là aussi, ou peu s'en faut, les sources latines
t. Confetiionum lib. V, cap. vi.