De Civitate Dei , lib. IX , cap. iv
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le moraliste qui relie d'une manière vraiment singulière, les maximes du monde ancien aux maximes du monde nouveau, Tingénieux et étincelunt Sénèque. L'évêque d'Hippone n'ira pas, il est vrai, jusqu'à dire, à rimitation d'un autre Père de TÉglise, que Sénèque est presque chrétien : « Seneca pêne nosier. » Mais il acceptera du moins comme une certitude l'hypothèse, aujourd'hui encore soutenue, malgré les décisives contradictions de la critique, d'un commerce du précepteur de Néron avec l'Apôtre des Gentils*. Augustin ne parle d'ailleurs que d'un commerce épistolaire. w Sénèque, écril-il à Macédonius (Sénèque qui vécut du temps des apAtres et dont on lit même quelques lettres adressées à l'apôtre saint Paul), dit avec raison que celui qui hait les méchants les hait tous^. » Et le nom de Sénèque revient à plusieurs reprises dans ses ouvrages, particulièrement dans la Cité de Dieu^. Aussi bien, comment n'être pas frappé, nonobstant toutes les oppositions qui les séparent, de l'affinité de ces deux beaux génies? C'est le même éclat, la même subtilité, le même amour des métaphores et dos antithèses ; parfois aussi, il faut l'ajouter, le même mauvais goût. Pourtant, ce serait s'arrêter à la surface, que d'attribuer uniquement à des analogies dans le talent, la fréquen-
1 . Cf. Gelphe , Tractaiiuncula de familiaritate , qtix Paiilo apostolo cum Seneca philosopho intercessisse traditur vvrisimillima. Leipzig , 1813, in 4°. Cette thèse, reprise par M. Aiiu^dt^e Fleury (1833), a été (l'-nnilivcuient réfutée par M. Aubertin , Étude critique sur les rapports supposés entre saint Paul et Sénèque. Pari«i, 1857.