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1»ES SOURCES LATINES. I4l
tation de Sénèque par Augustin. De toute évidence, ce qui a rendu l'une de ces deux brillantes intelligences en quelque façon tributaire de Tautre, c'est l'esprit de la vertu stoïcienne, si dissemblable au fond, mais par certaines formules, si voisin de l'esprit de la vertu chrétienne. Ce sont les maximes générales de culture intérieure, de résignation, de bienfaisance, d'humanité. Par Sénèque, en somme, Augustin s'est pénétré de Stoïcisme. Ainsi, lorsqu'il professe que la différence entre les bons et les méchants consiste en ce que les uns maintiennent Tordre, tandis que les autres sont maintenus par l'ordre, il s'exprime à peu près à la manière des Stoïciens. N'y a-t-il pas de môme comme un écho de la morale qu'Épie tète et Marc-Aurèle devaient porter si haut dans les paroles suivantes que nous choisissons entre mille. « Voici la droiture du cœur : Il est arrivé ainsi (|u'il a plû au Seigneur; que le nom du Seigneur soit béni. Qui a enlevé? QuVt-il enlevé? A qui Ta-t-il enlevé? Quand Ta-t-il enlevé? Que le nom de Dieu soit béni*. » Or, qui tient ce langage? C'est Job, direz-vous; et Augustin le cite nommément (1, 21); mais en même temps, n'est-ce pas Sénèque?
Enfin, pour dernière indication des sources de la philosophie de saint Augustin, est-ce hasarder une conjecture sans fondement que de rapporter quelques-unes (les idées générales qui remplissent la Cité de DieUj non -seulement à Thistorien Josèphe, mais aussi à Trogue-Pompée, ou du moins à son abréviateur Justin. Josèphe n'a écrit qu'en grec ; mais ses ouvrages étaient