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populaires parmi les Latins. Augustin le cite S et saint Jérôme qui le nomme le Tite-Live de la Grècey nous apprend qu'on lui éleva une statue dans Rome même. D'un autre côté, sous le titre d'Histoires Philippiques^ contenant les origines du monde entier et la description de tous les pays^ Trogue-Pompée, et plus tard Justin, embrassaient la destinée de tous les peuples connus, pendant une durée de deux mille ans, depuis la fondation de Tempire de Babylone jusqu'à la chute de la république romaine. C'était, dans l'antiquité, sans excepter même Hérodote, le premier essai d'histoire universelle. Écrits en latin, les deux ouvrages où cet essai se trouve réalisé, ne sauraient avoir échappé à l'évêque d'Hippone*
Nous avons terminé, et il n'y a pas lieu peut-être de pousser plus loin ces recherches sur les origines de la philosophie de saint Augustin. Comment, néanmoins, ne pas remarquer avec M. Ritter'^ qu'Augustin ayant été amené au Néoplatonisme par l'intermédiaire d'hommes dont les sentiments étaient tout chrétiens, ce fut surtout dans le sens du Christianisme qu'il comprit les doctrines néoplatoniciennes ; et aussi que sa pensée ne fut pas exclusivement restaurée par le Néoplatonisme?
Effectivement, aux sources profanes, si l'on peut s'exprimer ainsi, se mêlèrent de très-bonne heure dans la pensée d'Augustin, pour devenir bientôt prédominantes et comme absorbantes^ les sources sacrées. Et ici, nous
1. Epistola CXCIX, Hesychio (419), cap. ix. « Josephus qui Judaïcam scripsit histonam^ taliç mala dicit itli populo tune accidisse, ut vix credibitia videaniur »
3. Hiitoire de la Philosophie chrétienne; liv. VI, S, Augustin.
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ne voulons même point parler de rinfluence que purent exercer sur lui soit les Pères grecs par l'intermédiaire des Latins, soit les Pères latins eux-mêmes, notamment Terlullien et Lactance'. Nous ne rappellerons pas davantage Faction directe et considérable qu'eut sur son esprit saint Âmbroise, lequel n'était rien moins que favorable à Platon, comme le prouve l'écrit qu'il composa contre le fondateur de l'Académie, Liber de Philoso-phia contra Platonem philosophum^ . Nous avons exclusivement en vue les Écritures et saint Paul.
Né l'an 2 de Jésus -Christ, d'une famille juive, à Tarse, où florissaient de savantes écoles, élevé ensuite à Jérusalem auprès de Gamaliel, à qui on avait permis l'étude de la philosophie ancienne, saint Paul a pu avoir et a eu quelques notions générales touchant les systèmes dephiloso-
1 . Laclance , dans ses Institution divint* , divise en six âges l'histoire du monde.
2. Contra Julianum Pelagianum^ lib. II, cap. vu, « Audi quid dicat Ambrosius in libro de PhUosophia contra Platonçm philosophum^ qui hominum animas revotvi in bestias asseverat, et animarum tanlummodo Deum opinatur auctorem, corpora antem Diis minoribus facienda decer-^ ntt. Ergo sanctus Ambrosius : v. Miror, inquit^ tantum philosophum, quomodo animamt cui poteslatem conferendx immortalitalis attributif in noctnis includat aut ranulis^ feritate quoque induat bestiarum : cum in Timxoeam Deiopusesse memoraverit ^ inter immortalia a Deo factam; corpus autem non videri opus summi Dei asserit, quia natura camis hu» manx nihil a natura corporis bestiatis differt. Si ergo digna est qum Dei opus esse credatur, quomodo indigna est quse. Jtei opère vestiatur? • Ecce non solum animam, quod et ilti dicunt^ verum etiam corpus, quod illi negantf contra Plaionicos Dei opus esse défendit Ambrosius, » Cf. £'pi#toia XXXI, Paulino (396), 8. « Libros beatissimi papas Ambrosii credo haberc Snnctitatem tuam; eos muitnm desidero, quos adversus nonnulioi imperitissimos et superbissimos^ qui de Platonis libris Dominum profc" cisse conteuduut^ diligentitsime et copiosissime scripsit. »