CII APURE I
phie. Mais chez lui, rélémcnl religieux est devenu, après sa conversion, presque tout. D'abord défenseur inexorable de la loi, puis apôtre enflammé de la grâce, il subordonne loute pensée à la révélation. Telles seront aussi, du jouroù il aura embrassé le Christianisme, les dispositions d'Augustin. 11 n'aura plus, en toutes choses, d'autre guide que saint Paul, d'autre règle que les Écritures. Sa vie, dès lors, s'écoulera tout entière, comme on raconte que se passèrent les moments qui précédèrent sa mort. Sa chambre, couverte par ses ordres de passages des Livres saints, n'offrait plus à ses yeux que des sujets de méditations pieuses*. Toutde même, une fois introduit par saint Paul au cœur des Écritures , Augustin n'en détachera plus un seul instant ni ses regards, ni son esprit. C'est pourquoi , Bossuet avait raison de dire c( que le fond de saint Augustin c'est d'être nourri de l'Écriture, d'en tirer l'esprit, d'en prendre les plus hauls principes, do les manier en maître, et avec la diversité convenable ^. »
Cependant, que conclure de cet historique détaillé des origines de la philosophie de saint Augustin? Assurément, tant d'éléments hétérogènes, tant d'emprunts
1. « Ultima qua de/unctus est xgrûudine, »ibi jusserat [Augustinus) Pmlmos Davidicos, qui sunt paucissimi de pa'uiientia^ scriàij iptosque qxiaterniones jucciis in lecto contra parietem posiios diebtis sux infirma latis intuebatury et legebaty et jugiter ac ubertim jlebat : et ne intentio eJHs a quoqiiam impediretur, antc dies ferme deccm quant ejciret de cov' pore, a nobis postulavit prœsentibus, ne quis ad eum ingrederefur, nisi iis tantum horis, quibuê medici ad impiciendum intrarent, vel cmn et rejertio inferretur, o YitaS, Àngusliniy auctore Possidio ; cap. xxxi.
2. OEuvret complètes, l. UI, p. 424, Défense de la Tradition et des Saints Pérès, Uv. IV, XVI.
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disparates, tant de doctrÎDes consultées et mal connues n'auraient pu produire dans Tintelligence de l'évéque d'Hippone que le chaos, s'il n'avait eu un centre d'unité auquel tout rapporter. Ce centre, quoique obscur et flottant , fut un instant pour lui le Platonisme ; ce fut ensuite, dans sa détermination et sa fixité, le dogme catholique. De là, par conséquent, considéré comme philosophe, l'unité des efiorts de saint Augustin qui devaient tous tendre, et qui tendirent, en effet, à concilier le Platonisme avec le Christianisme.
<c Ut Antiochus Stotcos cum Plaione in concordiam redegerit^ écrit Brucker, ita Hipponensem episcopum Platonicam philosophiam cum sapientia œterna veraque philosophia, id est, Christiana, çonjungere siu^ duisse fatendum est \ »
« De même qu'Antiochus accorda les Stoïciens avec Platon, de môme il faut avouer que l'évéque d'Hippone prit' à tàcbe d'accorder la philosophie platonicienne avec la sagesse éternelle et la vraie philosophie, c'est-àdire avec la philosophie chrétienne. »
Or, on l'a observé. Le dogme catholique étant donné avec ses invariables formules, la conciliation tentée par Augustin n'a pu Télre, d'une manière durable, qu'à la faveur du vague et des manquements si nombreux de son indigeste etsuperficielleérudition.ttSisaint Augustin eût mieux connu l'école d'Alexandrie, elle aurait pu le dégoûter du Platonisme. Il a été bon qu'il n'eût de Platon luimême qu'une connaissance partielle. Au lieu d'une méthode toujours déUcate et hardie, quelquefois indécise