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Et d'abord, rautorité d'Augustin n'a pas peu servi à fixer, à accréditer la doctrine de la spiritualité de rame.
Du premier au quatrième siècle de notre ère, la plupart des docteurs de TÉglise inclinaient à penser que l'âme est matérielle. Témoins TertuUien, Arnobe. 11 leur semblait qu'en professant la matérialité de l'âme, ils permettaient de mieux comprendre comment l'âme pouvait être récompensée ou puuie; son état dans la vie future restant analogue à son état présent. Ils estimaient en outre qu'ils rappelaient de la sorte davantage combien l'âme est inférieure à Dieu.
A la fin du quatrième siècle, une révolution s'opéra sur ce point dans l'Église '. Elle eut particulièrement pour auteurs, en Asie, Némésius, évêque d'Ëmèse, en Afrique, Augustin ; qui, tous deux, l'un dans son Traité sur la Nature de V Homme (irepi fjîéw; ivOpwffou), l'autre dans de nombreux ouvrages '^, prirent à tâche de préciser la distinction des deux substances.
Le sentiment de l'évêque d'Hippone allait devenir celui de l'Occident tout entier. 11 commença par faire loi dans les Gaules. En 462, Faust, évéque de Riez, ayant soutenu l'ancienne opinion de l'Église sur la matérialité de l'âme, un prêtre de Vienne, le moine Claudien Mamert, prit la plume pour le réfuter. Il écrivit un Traité de la Nature de CAme *, où il se relève exprcssé-
1 . Cf. M. Guizo! , Histoire de la Civilisation en France , vi« leçon.
2. Paiticuli^remenl dans le De Quantitate Ànimx ; De Immortalitale Àiiitn^F: De Trinitate,
3. Saiicd pcitris nostri Claudiani Eedicii Mamcrti , De Statu Animx, libri lU. Guspar Uarlliius cxcmplar Tulgalum ecIidH. Cjrgncœ, 1665,
ment de saint Augustin. Et voici quels termes de respect et d'admiration il emploie :
« Aurelius Augustinus et aciimine ingenii^ et rerum multitudine^ operis mole, veluti quidam Chrysippus argumentandi virtute, aut Zenon sensuum suhtilitate, {tut Varro noster volumtnummagmtudine^ et quiprofecto talis riaturœ attentione^ disciplinis^ extiterit, ut non immerito ab istis corporalibus nostris Epicureis aut Cynicis specialiter sophista dissenserit, libro ad Bieronymum de origine animœ sic pronuntiat : incor^ poreamomnemanimam^etsi difficile tardioribus persuaderi potes t, mihi tamen fateor esse persuasum *. »
Et ce n'est point simplement Tautorité « de cet autre Chrysippe, de cet autre Zenon, de cet autre Varron, » qu'invoque Claudien Mamert à l'encontre ce des Épicuriens et des Cyniques de son temps. » 11 reproduit mot pour mot Targumentation en faveur de la spiritualité de l'âme, que saint Augustin avait empruntée lui-même beaucoup moins au Christianisme qu'à la philosophie païenne.
11 se montre un disciple intelligent, mais un disciple qui ne dépasse point son maître. Spiritualiste de par l'évoque d'Hippone, il est en môme temps, de par lui. Néoplatonicien. A sa suite, il cite Philolaûset Archytas, Platon et Porphyre. Toutefois, il témoigne pour les anciens philosophes plus d'estime que n'avait fini par leur en garder Augustin, et les déclare inspirés, « lumine veritatis afflatos. »
On retrouverait les mêmes traditions de spiritualisme