‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 430 sur 539 · M. Hauréau, Singularités historiques y ctc, p · texte numérisé non relu

M. Hauréau, Singularités historiques y ctc, p

2. Voy. M. l'abbé Bourgeat, Études sur Vincent deBeauvais^ 1850, ln-80, p. 89, 228-229.

3. Voy. M. Huel, Ilenride Gand, 1838, in-80, p. 101, 112, 137, 142, 14!).

INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AVANT LE XVll^ SIÈCLE. i65

saint Anselme. Chez Tillustre religieux, ce n'est point uniquement le mystique auteur des Sermons^ mais l'homme tout entier qui est imbu jusques aux moelles des doctrines augustiniennes. a 11 est constant, écrivait Bossuet, que saint Anselme et saint Bernard étaient tous deux grands disciples de saint Augustin, et que saint Bernard a transmis le plus pur suc de sa doctrine sur la grâce et le libre arbitre dans le livre qu'il a composé sur cette matière ^ »

Nous ne nous arrêterons pas à saint Bernard qui fut surtout un homme d'action admirable, en même temps qu'un gardien sévère de la doctrine catholique.

Il est impossible, au contraire, de ne point signaler d'une manière expresse l'influence qu'exerça l'évoque d'IIippone sur le théologien qui honora le plus la philosophie au onzième siècle, et qui a mérité la quaUfication glorieuse de saint Augustin du moyen âge, c'est-à-dire, sur saint Anselme. Comme Odon de Tournay à la même époque '\ comme Odon de Cluny un siècle auparavant^

1. OEnvres, t. III, p. 287 ; Défense de la Tradition, etc., liv. I, III.

2. u Au onzième siècle, lo livre du Libre Arbitre tomba par hasard entre les mains d'Odon, qui enseignait la philosophie à Touroay. Il en lut quelques pages, et se mit à admirer S. Augustin, n*ayaiit, jusque-lù, admiré que Boëce. U continua doue à lire eu livre devant ses écoliers. Et lorsqu'il en fut venu à un endroit du troisième livre, où Augustin compare l'état de ceux qui servent le monde à celui d'un homme réduit à nettoyer un cloaque, il en Tut tellement touché, que dès lors il changea d'esprit et de vie et se retira peu après avec quelques-uns de ses écoliers dans un monastère. » Tillemont, Mémoires, etc, t. XIII, p. 214.

3. 0 Odon se retire dans une étroite cellule....... U possède,

d'ailleurs, dans son réduit, une riche bibliothèque : cent volumes, dit-on ; grande richesse, en effet, pour ce temps! et, séparé des vivants, il peut, à toute heure du Jour, s'entretenir avec d'illustres morts,

Tarchevôque de Cantorbéry entretint avec les ouvrages de révêque d'IIippone un commerce suivi et leur dut manifestement plus d'une de ses vues philosophiques. C'est ce que n'ont point hésité à reconnaître, sans craindre d'amoindrir l'originalité d'Anselme, ses interprètes les plus récents et les plus accrédités, a Nous sommes sûrs d'être dans la vérité, écrit M. Bouchitté, en constatant dans saint Aiiselme l'influence directe des écrits de saint Augustin, et nous admettons avec d'autant plus de raison qu'il en est ainsi, que plusieurs passages de l'un et de l'autre mettent cette opinion hors de doute. Ce Père était, de tous les écrivains auxquels la postérité a décerné ce titre, le plus connu en Occident. Le courage laborieux avec lequel il a combattu l'hérésie du moine breton Pelage, et quelques écrits sur les principes de la dialectique qui lui furent faussement attribués et circulèrent plus tard sous son nom, durent attirer de bonne heure l'attention sur ses nombreux traités. Sa rcpulalion de profondeur philosophique, de science et d'orthodoxie, fit de ses écrits une source à laquelle ses successeurs crurent pouvoir puiser sans crainte \ »

et On ne saurait imaginer, remarque M. de Rémusat parlant de saint Augustin^, à quel point ce grand esprit, si orné, si cultivé, a défrayé d'idées et d'études les docteurs du moyen âge. Avant d'attribuer à l'un d'eux l'invention d'un système ou la connaissance directe d'une

s. Augustin, S. Jérôme, S. Grégoire, ses auteurs préférés. » M. Hau* réau, Singularités historiques, p. 14C.

1. Du Rationalisme chrétien au onzième siècle, 1842, in-8<^. Prérace^ p. XX.

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