S. Anselme de Cantorbéry, 18S6,in-8% p
INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AVANT I^ XVIl^ SIÈCLE. 167
pensée antique, il faudrait s^assurer d'abord que saint Augustin n'en avait rien dit. Sévèrement opérée, cette vérilication réduirait trop la part de leur génie, s'il n'était toujours possible d'apercevoir, à la manière dont les gens s'approprient certaines opinions, qu'ils eussent été capables de les produire, et si l'originalité de l'esprit ne se faisait reconnaître au milieu même d'idées qui ne sont pas originales. » Or, M. de Rémusat constate que chez Anselme, « pour le style comme pour le reste, beaucoup de choses s'expliquent par la lecture assidue de saint Augustin ^ » a Le vrai maître d'Anselme, conclut-il, c'est saint Augustin. Il l'a évidemment lu avec fruit; il s'est inspiré de son esprit. Rien n'indique que la totalité des œuvres de ce Père ait passé sous ses yeux; nous croyons môme qu'une partie seulement était à sa disposition, mais il y a certitude, par exemple, qu'il a mis à profit le Traité de la Trinité ^. »
L'étude et la comparaison des textes confirmen t de tout point ces jugements. Anselme n'a pas écrit, pour ainsi dire, une page qu'il n'ait eu présent à l'esprit, comme point de repère, quelque passage de saint Augustin. Il ne se borne point, il est vrai, à reproduire les données de l'évéque d'IIippone; illes développe, il les féconde, il les enrichit. Néanmoins, qu'il s'agisse des difficiles questions du libre arbitre, de la grâce et de la prédestination, ou de l'explication du dogme de la Trinité, ce sont les doctrines augusliniennes qu'en définitive saint Ansehne professe. Surtout, c'est à saint Augustin qu'il doit l'idée