‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 432 sur 539 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

Ibid,, p

même de Touvrage qui lui a donné rang parmi les philosophes. Le Monologium est tout entier de filiation augustinienne. Non pas que dans cet ouvrage môme le pieux auteur n'ait à revendiquer une très-large part d'originalité *. Mais il est impossible de ne pas constater entre l'écritd'Anselmeet le Traité de la Trinitéi^ar Augustin, notamment au troisième chapitre du livre huitième^, les analogies les plus frappantes. Aussi bien, Anselme, qui pourtant cite rarement, n'a-t-ilpu s'empêcher, dans la préface même de son œuvre capitale, de s'en référer au témoignage d'Augustin et de se couvrir à l'avance de cette grande autorité, ce Si quelqu'un, écrit-il, trouvait dans cet opuscule quelque opinion d'une nouveauté suspecte ou contraire à la vérité, qu'il ne me regarde pas d'abord comme un novateur ou un apôtre de mensonge; qu'il lise attentivement le traité de saint Augustin sur la Trinité^ et qu'il juge mon écrit d'après celui de ce Père. » Ajoutons que l'archevêque de Cantorbéry procède de l'évêque d'Hippone par l'esprit philosophique plus encore que par la tradition littérale. Ces deux nobles génies en effet comprennent à peu près de la même manière les rapports de la raison et de la foi. Quoiqu'il y ait plus de décision chez Anselme, plus de restriction chez Augustin, l'un et l'autre estiment que la foi doit être raisonnable, que la foi doit chercher l'intelligence. « Fides quœrens iiitellectum , » disait saint Anselme, k Intellectum valde ama ^, » avait dit saint

1. s, Anselme y p. 480; Cf. M. Bouchitlé , Préface, p. xxv, xuii.

Page 1