Mémoires de Luther ^ t. 1 , p
INFLUENCE DE S. ArCUSTIN AVANT LE XVIl'STÈCLE. 179
ment par une immuable, éternelle et inévitable volonté de Dieu, qui foudroie et met en pièces tout le libre arbitre ; que le nom de franc arbitre est un nom qui n appartient qu'à Dieu, et qui ne peut convenir ni à Tbioaupe ni à aucune créature '. »
Par conséquent, cela est clair. Le jLuthéranisioe co«isiste essentiellement dans la question du libre arbitra, et pour Lutber, le libre arbitre est un pur mensojDge, <c fnerum mendaciwn. » Or, de qui Luther a-t-il dérivé, à tort ou à raison, niais directement, cette théorie délétère? Les tex4esle prouvent; d'Augustin : nAugustinus ioiusmeus est; » a tout Augustin est avec moi, » observe complaisamment Luther dans son traité du Serf Arbitre. C'est même à Augustin qu'il emprunte avec la doctrine le titre de son ouvrage. « Pierre Lombard croit, avec Augustin, que le libre arbitre, s'il n a rien qui le dirige, ne peut que conduire Thomme à sa chute, qu'il n'a de force que pour le péché. Aussi Augustin, dans son second livre contre Julien , l'appelle le serf arbitre, plutôt que le libre arbitre ^. »
Calvin devait suivre et raffiner encore ces sentiments^éplorables. Son Institution «qui remua toutelaFrance^, » et qui bientôt y devint le code des Protestants, n'est rien qu'un audacieux plaidoyer contre le libre arbitre.
« Les philosophes, écrit-il, ont été éblouis et envi-
1. Cf. Bossuet , OEuvrex , t. XU , p. 419, Histoire des Variations , liv. II, 17.
2. Mémoires de Luther^ t. I, p. 338. Cf. Contra Juliamim Pelagiatium jVib.Wi cap. Yiii. • Sed vos festinatis^ et prsesumptionem vestram festinando prsecipitatis. Hic enim vnltis hominem perfici^ atque utinam Dei donOf et non libéra vel potius servo proprix voluntatis arbitrio. »