De la Vertu des Païens , p
2. • Monseigneur , écrivait Le Vayer, les peuples qui ont adorô le soleil allumèrent du feu sur ses autels , ne trouvant rien dans la nature de plus digne de lui être ufTert , encore que ce Tût une bien ])etlte lumière qu'ils Taisaient paraître devant celle de ce grand astre. Je prends la hardiesse de les iuiiter en vous présentant ce Traité de la Vertu des Païens, quoiqu'elle n'ait rien de comparable aux vertus chrétiennes et plus qu'hérotques do Voire Éminence. »
par une puissance aussi redoutable. Non -seulement il répondit à la Défense de la VertUy en rédigeant un opuscule intitulé : Extrait de quelques erreurs contenues dans le livre du P. Sirmond, etc. Mais il réfuta, par un Traité de la Nécessité de la Foi^ le livre De la Vertu des Païens. Reléguant au dernier degré, et tenant presque pour un néant la morale humaine, Arnauld exalte dans la grâce divine la source abondante, ou plutôt la source unique de la vertu. Toute apologie du libre arbitre laissé à lui-même lui parait impertinente, et il la repousse comme une rénovation d'un Pélagianisme odieux. Il professe, en un mot que, hors des voies tracées par Augustin, il ne saurait y avoir de piété véritable *. Dans cette défense de la grâce, Arnauld ne fut pas seul. Animé par Saint-Cyran, encouragé par tout un parti, il eut pour tenant Biaise Pascal. Ce superbe et mélancolique génie était déjà célèbre par ses inventions mathématiques, lorsqu'il vint à Port-Royal soumettre son cœur et humilier sa raison. Il y était envoyé par M. Singlin, qui avait pensé que là il trouverait à qui parler, et M. Arnauld devant lui prêter le collet pour les autres sciences, et M. de Sacy lui apprendre à les mépriser ^. » Fontaine nous a conservé la substance des entretiens de Pascal et de Sacy, notamment l'éloquente conversation sur Montaigne et Epictète. Autant Sacy s'étonne de la pleine compréhension que Pascal a de Montaigne, autant Pascal admire jusqu'à quel point Sacy possède saint Augustin. « M. de Sacy, écrit Fon-